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 ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily

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MessageSujet: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Ven 17 Aoû - 18:15

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟ

Quel plaisir de retrouver la campagne et les terres verdoyantes de sa belle Angleterre. Milton était une ville vivante mais sombre et pestilentielle. Elle avait des atouts mais tant d’inconvénients. Quand on avait vécu pendant des années à la campagne dans un lieu tel qu’Aldbury il est difficile de vivre autre part. C’était ce que l’homme était en train de se dire. Ses pensées voyageaient de souvenirs en souvenirs jusqu’au moment présent. L’homme n’oublie pas, quel fardeau…

Oublier aurait été tellement plus facile, tellement plus paisible. Et pourtant il savait que s’il oubliait il ne serait plus un homme, il ne serait plus qu’une machine, comme celles qui travaillaient le fer dans son usine. Elles n’étaient que des automates… Charles avait dû investir dans un monde différent de celui qui l’avait vu naître, c’était l’apanage du fils deuxième né. Il aurait surement préféré gérer les affaires familiales de son bureau, mais c’était le privilège de son père. S’il voulait vivre de lui-même, comme un homme, il se devait de détenir les parts d’un marcher. Il avait donc investi dans la sidérurgie et pour dire vrai il n’était pas déçu du résultat. Charles n’en pouvait cependant plus. Le bruit de la ville, ses folles réceptions et tout ce qu’il va avec, il avait besoin de s’aérer. Quoi de mieux donc que de se rendre chez sa tante. Bien sûr il ne la connaissait pas vraiment, il ne l’avait vu que quelques fois mais sa mère et celle-ci entretenait une correspondance digne d’un roman. Elles n’étaient pas sœurs, vu qu’elles étaient de simples cousines, mais elles avaient quasiment grandit ensemble et se considérait donc comme des sœurs. Il lui semblait donc connaitre réellement bien sa tante, ainsi que ses cousines. Il leur avait rendu visite quelques années plutôt, mais depuis il avait bien changé. Ce côté de la famille n’était pas le plus aisé, mais il était sûr que cela n’allait pas le déranger. Il espérait d’ailleurs que sa tante puisse l’aider dans sa recherche. Charles souhaitait investir dans une demeure, une demeure non loin de la ville mais hors de celle-ci. Il n’avait plus le courage de continuer à vivre dans un lieu aussi sombre. Vu que l’océan était tout de même à plus de 50 miles, il se devait de se contenter d’une maison située en campagne, ce qui ne le gênait finalement pas plus que ça.

L’étalon avançait encore à vive allure. Il était heureux de cette nouvelle acquisition. L’animal était endurant et travailleur. Il ne rechignait pas à la tâche. Bien sûr il était assez tatillon, comme n’importe quel étalon, mais il était finalement assez placide par rapport à d’autre. A vrai dire, Charles dut s’arrêter plus d’une fois pour demander son chemin. Il finit tout de même par arriver dans la cour de la vielle bâtisse. Celle-ci semblait avoir vieilli depuis le temps. En tout cas, il reconnaissait les pommiers qui lui avaient servi de lieu de jeux. Il donna les rênes de l’étalon à un homme qui passait par là et frappa délicatement à la porte.

Il fut assez surpris, ce n’était pas sa tante qui était devant lui, mais une jeune femme. Il enleva son chapeau et croisa délicatement se main devant lui avant de la saluer. « Emily ? N’est-ce pas ? » Devant sa surprise, il se rappela que ce n’était pas une façon convenable de se présenter. « Veuillez excuse mon impolitesse, vous ne devez pas vous souvenir de moi. Charles Ellison, je suis le fils de Lady Ellison, votre cousin... » Soudain le visage de son interlocutrice s’illumina, elle semblait venir de faire le rapprochement. Elle m’indiqua de rentrer tout en m’expliquant que ses parents étaient absents et qu’il était hors de questions que je reparte sans souper avec eux. Je lui rappelais donc d’où je venais. Je remarquais alors une certaine malice dans son regard. Sa gouvernante venait donc de ma ville natale, voilà qui était intéressant. Elle héla celle-ci. Mais à peine avait-elle prononcé son nom qu’il sombra dans le mutisme. Stupeur et tremblement… Miss Thornton… Ce nom réveilla en lui une foule de souvenir…jusqu’à ce qu’elle apparaisse comme une vérité. Il l’observa sans mot dire pendant un temps, contenant sa rage, pour lui elle était devenue la pire période de sa vie, la meilleure aussi c’était pour ça que c’était si douloureux après tout. Il finit tout de même par se reprendre avant de la saluer poliment. « Miss Thornton… ravi de vous revoir ici » Mais ma voix était loin d’être des plus amicale. Bien au contraire, elle était froide, glaciale et finalement bien peu aimable.


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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Ven 17 Aoû - 22:16





Charles & Virginia & Emily ❥

Assise sur le rebord de mon lit, j’étais plongé dans la lecture d’un ouvrage. Utopie de Thomas Moore. J’aimais ce livre, je l’avais lu plus d’une fois mais je l’aimais toujours autant. C’était un vrai plaisir de gouter chacun des mots, d’en comprendre le sens et de le retranscrire à ma façon. D’une certaine façon je crois que j’ai tout simplement toujours aimé la philosophie. D’ailleurs ma mère a toujours détesté me voir plonger dans ce livre. Pour elle, il ne peut me donner que des mauvaises idées. Peut-être mais j’ai plus l’impression qu’il m’ouvre l’esprit. Quelle tranquillité… pas un son… Mes parents et ma cadette étaient partie à Milton dans le but de lui acheter les dernières tenues à la mode. Pour ma part j’avais réussi à échapper à cette corvée après avoir promis que j’achèverais mes travaux de couture. Pour le moment ils étaient posés sur ma commode et je n’étais pas encore décidé à me lancer dans ces travaux que je trouvais fortement ennuyeux. Mon livre était bien plus intéressant et pour une fois que je pouvais profiter d’un peu de calme… Ma plus jeune sœur se trouvait non loin de moi, elle était en train de dessiner. Elle était bien plus habile que moi pour ce genre d’exercice. « Lily quelqu’un arrive » s’écria t’elle tout en laissant son dessin de côté avant de dévaler les escaliers. Je posais délicatement mon livre. « Utopie attendra » me murmurais – je.

Les employés n’étaient plus nombreux… en fait ma mère les renvoyer quelques fois… aujourd’hui était un de ses jours. J’ouvrais donc la porte avec précaution. Il s’agissait d’un homme, assez jeune, surement un peu plus âge que moi. Quand il m’appela par mon prénon, je songeais immédiatement à ma mère. Avait-elle osé ? Cependant quand il commença à se présenter, je commençais à comprendre le fin mot de l’histoire. Doucement l’enfant qui l’était me revint à l’esprit. « Charles ? Les pommiers ? N’est-ce pas ? Vous vouliez toujours monter plus haut » Il acquiesça, c’était donc lui. Un cousin éloigné. « Je suis désolée, mes parents sont absents pour le moment mais ils ne seraient tardé »

Etant incapable de me souvenir d’où il venait, je me mis à l’interroger. « C’est donc pour cela que le nom de ce village ne m’était pas inconnu » Voila enfin, le fin mot de l’histoire. « Cher cousin, permettez-moi de vous présenter ma nouvelle gouvernante. Elle vient aussi d’Aldbury… Vous devriez la connaitre… » Je me retournais vers les escaliers m’approchant délicatement de ceux-ci avant de poser la main sur le rebord. « Miss Thornton !!! pouvez-vous me rejoindre » Bien évidemment à ce moment je n’avais pas du tout penser à l’impact que cette rencontre pouvait avoir pour tout les deux. Je remarquais cependant à la tête de mon cousin que quelque chose n’allait pas. Tant de froideur… cela me glaça sur place. Je la regardais, je le regardais et tout un coup je me sentis aussi insignifiante qu’un brin d’herbe. Sarah semblait aussi surprise que moi. « Je vous prie de nous excuser. Nous devons aller au village… » Il n’y avait rien de logique à les laisser ensemble… mais soit j’étais complètement folle, soit ces deux là se connaissaient bien mieux qu’ils ne le laissaient paraitre. Notre présence n’était donc pas requise… « Miss Thornton, veuillez prendre soin de notre cousin jusqu’à notre retour » un léger sourire était posé sur mon visage, un sourire surement idiot, mais peut être que j’espérais tout simplement lui donner un peu de courage.

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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Ven 17 Aoû - 23:05


Charles Ellison, Virginia Thornton & Emily Montgomery

Assise sur son lit, Virginia profitait de l’un de ses rares moments de liberté. Lady Jane était sortie, et Lady Sarah se trouvait avec Lady Emily dans la chambre de cette dernière. Elle était ainsi libre de faire tout ce qu’elle désirait, et pour lequel le temps lui manquait habituellement. En l'occurrence, il s’agissait de son châle qui avait grand besoin d’être reprisé. Etant donné qu’il s’agissait du seul qu’elle possédait et que les courants d’air étaient plus que fréquents dans le nord de l’Angleterre, ce travail de couture devenait urgent. Malheureusement, ce type d’activité manuel avait le fâcheux inconvénient de laisser son esprit libre de vagabonder à sa guise, vers des pensées et souvenirs qui souvent la plongeaient dans un état de profonde mélancolie. Elle avait beau tenter de se concentrer sur son ouvrage, son imagination n’était pas suffisamment stimulée pour ne pas se laisser aller ailleurs. Ainsi, elle n’entendit rien de ce qu’il se passait autour d’elle, qu’il s’agisse du cavalier qui venait vers WhiteTree, ou de la voix de la jeune Lady qui l’appelait. Du moins, jusqu’à ce que l’une des servante ne vienne frapper à sa porte avant de l’entrouvrir. « Veuillez m’excuser miss, mais Lady Emily vous appelle. » Elle sortit de ses pensées et posa son ouvrage près d’elle. Elle se leva, lissa les plis de sa robe grise, ainsi que les quelques mèches brunes qui auraient pu s’échapper de son chignon. « Merci Lea, je vais descendre. » Elle s’aperçut alors que la domestique tenait entre ses mains une tasse sur une soucoupe, qui avait probablement été oubliée dans l’une des chambres. « Donnez-moi ceci, je vais en profiter pour la descendre. » La jeune fille lui tendit la vaisselle avant de la remercier et de s’en aller. La position de Virginia au sein de la maison était quelque peu ambiguë, comme c’était le cas pour toutes les gouvernantes : en tant que telles, elles étaient supérieures aux simples domestiques, mais bien inférieures aux maîtres de la demeure. L’ajustement n’était jamais simple.

Elle descendit doucement les escaliers de sa démarche boiteuse, avant d’apparaître dans la pièce. Elle n’aperçut tout d’abord que la jeune femme et s’inclina d’un signe de tête, comme elle le devait. « Vous m’avez demandée, ma Lad... » Elle s’interrompit brutalement lorsque son regard se posa sur le gentleman qui se trouvait dans la pièce, avec elles. Elle qui avait toujours su conserver une parfaite maîtrise d’elle-même eut soudainement l’impression qu’elle allait défaillir. Non... c’était impossible, tout simplement impossible. Comment pouvait-il se trouver ici, dans la même pièce qu’elle? Elle devait rêver, c’était la seule solution possible. Pourtant, c’était bien son visage, ses traits, même si cette fois-ci ils exprimaient une froideur qu’elle ne leur avait encore jamais connus. Sous le coup de l’émotion, elle resta interdite, l’espace d’un instant. Sans s’en rendre compte, elle fit basculer la soucoupe, et la tasse tomba au sol. Heureusement, elle avait échoué sur le tapis et n’était pas cassée, mais cela fut suffisant pour réveiller Virginia, qui se baissa immédiatement pour la ramasser. « Pardonnez-moi. » Lorsqu’elle se redressa, elle avait retrouvé l’expression d’impassibilité qu’elle adoptait habituellement. Bien qu’elle ait encore de la difficulté à croire que c’était vraiment Charles Ellison qui se trouvait là, devant elle, elle ne devait plus s’oublier de la sorte. Elle s’inclina de nouveau, comme elle l’aurait fait devant n’importe qui d’autre qui lui aurait été supérieur par le rang. « Moi de même, Monsieur. » C’était la toute première fois qu’elle l’appelait de la sorte. Pour elle il avait toujours été Charles, jusque dans ses pensées depuis qu’ils s’étaient quittés. A présent, elle ressentait plus que jamais le fossé qui s’était créé entre eux.

Alors qu’il lui semblait que la situation ne pourrait être pire, Lady Emily fit part de sa décision de se rendre au village avec sa jeune soeur. Elle tenta de garder un empire sur elle-même, malgré son irrépressible envie de se jeter sur elle en la suppliant de rester. Elle savait que c’était mal, et pourtant elle ne put s’empêcher de lui en vouloir de la laisser ainsi seule, à devoir affronter ce fantôme de son passé qui semblait être revenu la hanter. Pourtant, comme toujours et comme l’exigeait sa position, elle se contenta de faire preuve de docilité. « Bien, ma Lady. » Elle les regarda sortir en luttant pour ne pas laisser cette sensation de désespoir s’afficher sur son visage. Enfin, elle dut se tourner vers Mr Ellison. Elle ne savait que faire, n’osant s’assoir ou même poser sa tasse. Que pensait-il d’elle à présent qu’il l’a trouvait ici, dans une telle position? Lorsqu’elle lui avait écrit cette épouvantable lettre, c’était afin de lui annoncer de fausses fiançailles. Y avait-il cru? Mais les circonstances exigeaient qu’elle dise quelque chose, n’importe quoi. Elle prit alors son ton le plus poli et le plus neutre. « Désirez-vous boire quelque chose, Monsieur? »
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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Sam 18 Aoû - 9:34

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟ
La demeure des Montgomery n’était pas des plus grandes. La demeure de Charles était bien plus imposante, sa mère avait fait un meilleur mariage. Le mariage était un sujet qu’il n’aimait pas aborder. Pour dire vrai, plus aborder, serait une réponse plus juste. A une époque le mariage lui avait paru comme la meilleure des choses à faire. Désormais il sonnait comme l’annonce d’une fin proche. Adieu, cette liberté qu’il avait tant eu de mal à gagner. Sa mère n’allait pas laisser tomber l’affaire, elle voulait voir son fils marié et mariage il y aurait. Charles n’avait finalement pas son mot à dire. Il était même chanceux de ne pas être encore marié. La femme qui deviendrait la sienne risquait d’être la plus malheureuse du monde, il se savait déjà incapable de l’aimer, il lui serait tellement plus facile de la détester. L’amour qu’il avait eu pour Virginia avait tout dévoré, il ne restait plus rien que des ruines. Aujourd’hui, il était incapable d’aimer de nouveau, son corps refusait la reconstruction, mais peut-être était-ce lui qui n’avait finalement pas envie d’aller de l’avant. Peut-être que cette situation lui plaisait d’une certaine façon. En y pensant, la jeune femme était toujours présente même s’il la détestait plus que de raison elle était toujours avec lui, il l’a transporté comme un fardeau mais sans vouloir l’avouer il était heureux de l’avoir à ses côtés. C’était assez étrange comme comportement… Il n’avait pas de mot pour expliquer ce qu’il ressentait. Virginia était partie depuis longtemps maintenant, pourquoi ne pas tourner la page ? Vivre autrement ? Ou plutôt recommencer à vivre. Elle avait fait son choix, il avait fait le sien. Pourtant, il demeurait incapable de se détacher de ses sentiments qui le clouaient contre le mur de ses souvenirs. Il le savait, jamais il ne pourrait oublier Virginia, elle était trop présente dans son esprit, trop partie prenante de ses souvenirs. Souvent il lui arrivait de penser à elle, il s’en voulait alors aussitôt d’être aussi faible. Pourquoi penser à elle, elle qui l’avait trahi et laisser pour compte. Alors qu’il était prêt à tout pour elle, prêt à changer le monde à se mettre ses parents à dos pour l’épouser, c’était elle qui lui tourner le dos et qui en épouser un autre. Non, cela ne se pouvait, il ne pouvait pas accepter cette situation sans la détester. C’était juste hors de questions… Et pourtant si fort qui la détestait, il l’aimait encore… seulement devait-il réussir à se l’avouer.

La surprise était de taille, lui qui s’était juré de ne jamais la revoir. Comment aurait-il pu se douter qu’elle se trouverait chez sa cousine d’Histon. Sa cousine aussi charmante soit elle fut rapidement éclipser quand son regard se posa sur Virginia. C’était comme si elle avait réussi, une fois de plus, à prendre totalement possession de tout son être. Cependant, désormais, il refusait qu’elle prenne totalement le contrôle de son être. Il se devait de se contrôler lui-même. Il sentait bien que son esprit lutter, une partie de lui voulait la sentir au plus près de lui, mais l’autre partie désirait s’en éloigner le plus possible. Sa cousine prit congé, il ne le remarque que quand la porte claqua pour se refermer.

Il ne comprenait pas ce qu’il se passait. En toute logique, elle n’était pas censée être là. Elle n’était pas censée être gouvernante. Il l’avait quitté en l’imaginant marié, pas au service d’une famille. Il ne la reconnaissait pas, sa tenue était des plus sobres, son visage assez pâle. Que s’était-il donc passé ?
« Moi de même, Monsieur. » Monsieur ? Comment pouvait-elle l’appeler ainsi ? C’était si surprenant, si irréel, il aimait tellement l’époque où elle l’appelait Charles, cela sonnait si bien entre ses lèvres. Il resta silencieux, l’observant comme la bienséance l’interdisait, il ne comprenait pas... Il était perdu. L’homme avait envie de se s’enfuir mais il ne pouvait partir, cela aurait été bien trop impoli à l’égard de la famille Montgomery. Charles resta de marbre jusqu’à ce qu’elle brise de nouveau le silence. « Désirez-vous boire quelque chose, Monsieur? » Monsieur encore Monsieur, il ne supportait tout simplement pas qui l’appelle ainsi… ce qui l’énervait d’ailleurs car en toute logique il aurait dû en sortir une certaine puissance vis-à-vis d’elle. « Il y a une époque où vous m’appeliez Charles … »lui répondit-il en guise de réponse. Il n’avait pas soif … il n’avait envie de rien si ce n’est de comprendre. « Puis je me permettre de vous demander ce que vous faite Ici ? N’étiez-vous pas censé être marier ? »


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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Sam 18 Aoû - 10:51


Charles Ellison, Virginia Thornton & Emily Montgomery

Il était rare que Virginia éprouve un réel sentiment de honte en songeant à la manière dont elle s’était trouvée déchue de sa position sociale. Autrefois, elle ne se souciait guère de ce genre de choses, persuadée que cela comptait peu à ses yeux. Lorsqu’elle avait dû travailler afin de gagner sa vie et payer les dettes de son oncle, elle s’était consolée en songeant qu’à présent elle n’était plus sous la coupe de cet ignoble personnage, mais au contraire libre d’aller et venir où elle le désirait. Bien sûr, elle dépendrait toujours d’employeurs ayant parfois bien peu de considération pour elle, mais elle préférait cela au cauchemar qu’elle avait connu durant de trop nombreuses années. Parfois, elle était embarrassée en pensant à l’opinion que pourraient avoir ceux qui l’avaient connue, mais après tout, la nécessité l’y avait contrainte et il y avait de bien pires sorts pour une jeune femme. Pourtant, en cet instant, sous le regard de Charles, elle sentait l’humiliation la ronger peu à peu. Lorsqu’ils s’étaient quittés pour ce qu’elle avait cru être la dernière fois, ils étaient encore égaux par la fortune et la position sociale. A présent, elle se trouvait bien au-dessous de ce qu’elle fut un temps et devait lutter avec force afin de soutenir son regard. Bien qu’elle ait pour principe de soigner son apparence afin d’être toujours impeccablement mise, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter sur l’aspect de sa robe, sans tâche certes, mais dont le tissu était bon marché, et dont un oeil expert pouvait voir sans peine qu’elle avait été raccommodée à diverses reprises. Tout jusqu’à sa coiffure était simple, sans le moindre ornement, le type de simplicité qui témoignait d’un manque certain de moyens et son teint avait sans doute subi les conséquences de l’air malsain de Milton. Pourtant, elle faisait face malgré tout, rassemblant toute la fierté qu’elle pouvait éprouver. Contrairement à elle, lui avait à peine changé, à l’exception de l’expression de son visage, qui la frappait par sa froideur. Elle avait presque le sentiment d’avoir un fantôme devant elle et s’attendait à ce qu’il s’évapore d’un instant à l’autre. Elle aurait probablement cru avoir des hallucinations, si elle n’avait pas eu la certitude que Lady Emily l’avait bel et bien vu, elle aussi, et lui avait parlé.

Ils étaient tous deux pris au piège : si Charles partait sans même dire au revoir, ce serait vu comme incroyablement grossier aux yeux des Montgomery. Si elle quittait la pièce, ce serait désobéir à l’instruction expresse de l’une des filles de la maison, ce qui signifierait s’exposer à de sévères remontrances. De toute manière, même si elle l’avait pu, elle n’aurait pu se résoudre à quitter la pièce. Elle était comme figée, hypnotisée par la réapparition de son amour perdu, de celui avec lequel elle avait un moment cru pouvoir vivre une réelle félicité. Les mariages d’amour étaient rares et en vivre un aurait été une véritable chance, mais une chance qu’elle ne connaîtrait jamais. Elle pouvait voir sur le visage du jeune homme que sa présence n’était nullement désirable. Certes, il avait de nombreuses raisons de se montrer rancunier, mais ce n’en était pas moins douloureux pour autant. Durant des années, Virginia s’était résolue à ne plus vivre qu’avec son souvenir, étouffant consciencieusement toute trace de la moindre espérance, qui ne la ferait que souffrir inutilement. Elle s’était persuadée de vivre avec son image, sans jamais rien désirer d’autre et en se contentant pleinement de son sort. Mais à présent qu’elle le voyait, là, devant elle, sans avoir pu s’y préparer, elle dut se rendre à l’évidence : en un seul regard, tout ce qu’elle avait cru disparu était remonté à la surface, que ce soit la joie, la douleur, mais aussi la colère et la déception.

Elle sentit alors la douleur commencer à poindre dans sa jambe droite. Jamais elle ne restait debout ainsi, immobile. Pourtant, elle n’osait toujours pas s’asseoir et tenta d’ignorer cette désagréable sensation, sachant cependant qu’elle ne ferait qu’empirer. Il s’étonna qu’elle l’appelait Monsieur. Ne l’avait-il pas lui même appelée Miss? Elle lui répondit sur le même ton neutre, sa froideur égalant celle de Charles. « Je le sais, mais je crains que ce ne soit inconvenant à présent, Monsieur. » Elle ne pouvait s’en empêcher, sentant pourtant qu’elle courait le risque de le mettre en colère. C’était pour elle une manière de marquer le fossé social qui existait désormais entre eux. L’appeler ainsi était également une façon de se raisonner elle-même : quels qu’aient pu être ses sentiments, autrefois ou à présent, la réalité était bien plus forte.
Ce qu’elle faisait ici? Elle aurait pu lui poser la même question. En entendant évoquer ce soi-disant mariage, elle sentit qu’elle commençait à perdre son empire sur elle-même. Ses doigts se crispèrent autour de la tasse qu’elle tenait toujours, au point qu’elle crut qu’elle allait la briser. « Il n’a jamais été question de mariage, Monsieur. Comme vous pouvez le constater, je porte toujours le même nom. » Une certaine émotion transparut malgré elle dans sa voix. Malgré elle et oubliant ses propres torts, elle lui en voulait d’avoir pu croire une telle chose, de ne pas lui avoir laissé le bénéfice du doute après tout ce qu’ils avaient vécu. Mais elle ne devait pas s’emporter, non surtout pas. Elle baissa la tête et ferma les yeux un instant, afin de reprendre ses esprits. « J’ignorais que vous connaissiez la famille de Lord et Lady Montgomery. »
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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Sam 18 Aoû - 15:55

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟ
Cette impression de vide, de néant était en train de l’engloutir. L’homme se sentait perdre pied, il détestait cela. Dans cette demeure, il n’était pas chez lui, il était en lieu inconnu, cela lui donnait une position plus délicate. Il se sentait moins à l’aise qu’il n’aurait pu l’être dans un lieu connu, un lieu ou il avait des marques. Cette maison lui était compétemment inconnue. Pendant un instant il fixa son regard sur le chat de salon qui les observer de son coussin. La créature était d’un blanc grisonnant. Deux saphirs lui servaient d’yeux. Il était superbe, royal même. Charles en vint même à se dire qu’il était trop racé pour vivre dans cette demeure. Cependant l’animal semblait tout à fait à son aise. En voilà un qui était bien né. Bons nombres de chats finissaient dans les rues, mourraient aux bords des chemins. Celui-ci avait hérité de la place du roi. Son regard curieux et presque hautain lui fit penser qu’il était surement l’un des maitres de cette maison, une vie roi s’offrait donc à lui. Ce chat dont il ignorait tout lui servait d’échappatoire, c’était un moyen pour lui penser pendant quelques secondes à autres choses pour ne pas être aussi dépendant d’elle qui l’était. Il s’en voulait d’être si faible. Elle l’avait détruit, méprisé, et voilà qu’en face d’elle il était incapable de tenir le change. Non…il se sentait comme un enfant, un enfant apeuré par la situation, ne sachant que faire. Une brise lui amena son parfum. Etais-ce une pure invention de sa part ? Il avait l’impression de retrouver cette odeur familière, une odeur de vanille qu’il n’avait jamais oubliée. Cela réveilla en lui un certain désir qu’il avait réussi à contenir jusqu’à présent. Etre aussi dépendant de ses émotions…Quelle horreur. Elles semblaient vouloir gouverner sa vie, tandis qu’il tentait de les contrôler en leur interdisant de s’exprimer, elle ne le méritait pas, ou elle ne le méritait plus.

En venant rendre visite à ses cousines, il ne s’était bien entendu pas attendu à ça. Pendant un instant il se posa la question. Aurait-il fait le choix de venir en sachant que Virginia s’y trouvait. Il aurait aimé pouvoir répondre négativement à cette question, mais il savait que cela aurait été un mensonge. Au contraire s’il l’avait su, il serait venu plus rapidement. Il n’y avait rien de logique dans son comportement. Au contraire, il était tout simplement contradictoire. Comment pouvait-il aimer tout en détestant ? Comment aimant après tant de souffrance, pourquoi ressentir un désir si brûlant quand la situation était plus froide qu’un glaçon. Vraiment…il était en train de devenir fou. Il avait dû respirer trop de fumées. Il était froid, elle l’était autant que lui et cela l’énervait. Encore plus idiot n’est-ce pas ? Si au moins il lui avait montré un peu de chaleur peut être aurait pu y répondre, mais il en était incapable. Pas alors qu’il était encore dans le doute, dans le flou. Il ne comprenait rien… Il avait juste envie de la prendre par la main pour qu’ils rentrent tous les deux à Aldbury, comme cela aurait dû être. Mais à peine pensait-il à ça qu’il s’en voulait. Pourquoi devrait-il aimer une personne qui ne l’aimait pas en retour, cela ne pouvait qu’entrainer encore plus de malheur et il avait assez souffert. « C’est à moi d’en décider » rétorqua-t-il. Il refusait qu’elle l’appelle Monsieur, il ne la verrait jamais comme une personne inférieure, pour lui elle restait et demeurait Virginia. Malgré toute la déception qu’elle représentait il ne pouvait la traiter comme une femme sans importance.
« Jamais question de mariage » s’écria t’il avant de taper volontairement sur une des tables, sans la briser bien heureusement. Violent ? Non pas de nature, mais il avait eu besoin de se défouler, parce qu’elle venait de lui sortir une véritable bombe qu’il n’arrivait pas à digérer. « Quels qu’aient pu être les sentiments que nous avons un jour éprouvés l’un pour l’autre, nous ne pouvons sérieusement envisager de nous déshonorer en allant à l’encontre de la volonté de nos familles, qui ne veulent après tout que notre bien. Sachez de plus que cela me serait impossible, car je suis à présent fiancée à un ami de mon tuteur, un gentleman de Londres…. N’étais ce pas vos mots ? » Il avait lu et relu cette lettre, il la connaissait par cœur. « Saviez-vous que c’est grâce à cette lettre que j’ai réussi à vous détester… A supporter notre séparation. Et vous, vous osez me dire qu’il n’était pas question de mariage. Pardonnez-moi d’avoir mal interprété vos sentiments ! » En effet, cela ne pouvait donc être que ça, elle n’avait pas du assez l’aimer, pas comme elle l’aurait dû. Ou peut-être pas comme elle l’aurait voulu.

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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Sam 18 Aoû - 17:20


Charles Ellison, Virginia Thornton & Emily Montgomery

Aux yeux de ceux qui ne l’avaient pas connue par le passé, Virginia était une jeune femme particulièrement calme, dont le sérieux frisait souvent l’austérité. Elle était compétente, prévoyante et toujours parfaitement maîtresse d’elle même. Elle savait où était sa place et ne posait jamais de question. C’était une employée idéale au point qu’il aurait été presque difficile de croire qu’elle pouvait éprouver de réels sentiments, encore moins violents. Pourtant, rien n’était plus faux : elle était aussi émotive intérieurement que froide extérieurement. Seulement, au fil des années, les épreuves qu’elle avait subies lui avaient appris à se forger un masque, à dissimuler le moindre de ses états d’âme. Elle avait compris que le commun des mortels se souciait bien peu de ce que pouvait penser ou ressentir une vulgaire gouvernante, et même que ses émotions seraient une gêne plus qu’autre chose. Elle savait tout dissimuler : la peine qu’elle ressentait lorsqu’il lui arrivait d’entendre une remarque blessante faite à son encontre, le peu de considération de certains de ses employeurs et les insultes occasionnelles de leur progéniture. Pourtant, à peine son regard s’était-il posé sur Charles que s’était mis à remonter à la surface. Non, contrairement à ce qu’elle s’était figurée, elle n’avait rien oublié, ni pardonné. Elle brûlait d’envie de lui crier tous les sentiments contradictoires qu’elle pouvait ressentir : la rancoeur, la déception, la douleur, mais aussi l’amour, l’amour surtout. Mais elle ne le pouvait pas, et surtout, elle ne le devait pas. Elle devait se rappeler où était sa place et y rester. Elle regrettait tant de ne pas avoir eu vent de sa visite avant qu’il n’entre dans cette demeure ! Si cela avait été le cas, elle aurait pu s’y préparer mentalement. Bien sûr, cela aurait été éprouvant, mais elle aurait su conserver son calme, envers et contre tout. Or, à présent, elle avait le sentiment d’être sur le point de se laisser emporter d’une seconde à l’autre.

Par quel incroyable hasard se trouvait-il ici, sous le même toit qu’elle? Jamais elle n’aurait cru qu’il viendrait à son tour s’exiler dans le nord, et c’était en partie pour cette raison qu’elle avait été soulagée d’y trouver une place. La simple idée de pouvoir le rencontrer, de voir dans ses yeux tout le mal qu’il pensait d’elle la torturait, comme c’était le cas à présent. Elle aurait voulu baisser les yeux, disparaître, mais se forçait, envers et contre tout, à lui faire face. Dans l’état de pauvreté où elle se trouvait, sa fierté était l’une des seules choses qui lui restaient et sa seule arme face au mépris qu’elle était certaine de percevoir chez lui. Il témoigna catégoriquement son refus de se voir appeler Monsieur. Elle lui obéirait, mais se refusait à l’appeler par son prénom. Elle ne s’en sentait plus le droit et savait que cela la rendrait malheureuse. « Comme il vous plaira. » Cette froide réponse avait été faite en grande partie pour le provoquer. Elle savait que c’était mal, mais elle n’avait pu s’en empêcher, tant il lui devenait insupportable de le voir la regarder comme si elle était l’être le plus déplaisant qu’il ait pu contempler. Elle voulait qu’il lui dise ce qu’il avait sur le coeur, quitte à ce que cela la fasse souffrir. Et il ne tarda pas à sortir de ses gonds. Il frappa la table si soudainement qu’elle sursauta. Jamais elle ne l’avait vu aussi en colère. Il récita des mots, des mots qu’elle reconnut parfaitement car elle les avait écrits et les réentendre à nouveau lui brisa le coeur. Ainsi, il la détestait! Elle s’y était attendue, mais l’entendre de sa bouche était une véritable torture. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, des larmes de tristesse, mais aussi de rage et de frustration. D’un coup, d’un seul, toutes les convenances auxquelles elle se forçait d’obéir furent balayées. « Non ce n’était pas mes mots, mais les siens ! Il m’avait menacée de s’en prendre à vous, Charles ! J’étais jeune, j’avais peur, vous saviez que j’avais peur ! » Elle s’arrêta un instant et le dévisagea, incapable de se calmer. Elle avait des torts, certes : cent fois elle aurait pu lui écrire en cachette, afin de contredire cette maudite lettre, mais jamais elle ne l’avait fait. Cependant, le sentiment d’injustice qu’elle éprouvait à présent l’empêchait de réfléchir de manière rationnelle. « Ainsi, vous me détestez ! Mais vous deviez déjà avoir une bien piètre opinion de moi à l’époque, si vous avez cru ne serait-ce qu'un instant que j’aurais pu ainsi vous trahir et cesser de vous aimer ! »

Ces derniers mots, qu’elle avait criés, étaient bien indignes du comportement que l’on attendait d’une dame. Mais elle n’en était plus une et ne parvenait pas à les regretter. Son emportement avait eu l’effet de lui faire oublier la douleur de sa jambe durant quelques instants, mais lorsqu’elle s’avança, celle-ci se rappela à elle de manière fulgurante. Elle perdit alors l’équilibre, mais parvint heureusement à éviter une chute en s’appuyant sur le dossier du fauteuil qui se trouvait près d’elle. La tête baissée et sans même le regarder, elle fit un signe de main en direction de Charles visant à l’empêcher de s’approcher d’elle. « Je vais parfaitement bien. » Elle ferma les yeux afin de ravaler ses larmes et se concentra sur sa respiration, tentant de se calmer un peu.
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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Sam 18 Aoû - 20:02

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟ
La maison s’était tut, les femmes de maison avaient disparus, elles avaient surement trouvé la situation des plus délicates. Cela ne devait pas arriver couramment. Au contraire, ils devaient être en train de créer un véritable théâtre ambulant. De quoi intéresser les bonnes. Charles espérait cependant que cela n’allait pas retomber sur Virginia. Il n’avait pas envie de la mettre dans une situation délicate, même si cela était finalement fait. Sa cousine ne s’était surement pas éclipser pour faire les courses. La jeune montgomery semblait tout sauf idiote, elle avait donc agit avec une certaine intelligence. Charles allait devoir lui en toucher deux mots, savoir s’il pourrait compter sur son silence et sur le respect de son intimité avec sa gouvernante. En toute logique, ils n’avaient rien à faire tous les deux dans la pièce… Non ce n’était pas dans l’ordre des choses. Elle était une gouvernante désormais il n’aurait pas dû lui adresser un regard. Et pourtant ce n’était pas un regard qui posait sur elle, mais des yeux brulants de désir et d’amour, il l’a dévoré des yeux. Charles se moquait de sa tenue reprisée, de sa mine pâle, il ne voyait que la femme qui l’aimait, La finesse de ses traits, les courbes de son corps, la longueur de ses cils, ses yeux palpitants. Son cœur était en train de tambouriner dans sa poitrine, elle était la seule à lui faire un tel effet et pourtant il aurait aimé que cela ne soit pas le cas, cela aurait été tellement plus facile. Pourtant il ne pouvait s’empêcher de penser que sans elle, il ne serait rien, elle lui avait permis de connaitre tant de choses.

Le chat se leva et d’un pas aussi royal que sa lignée, il sauta sur le sol. D’un pas dédaigneux, il passa entre les deux protagonistes, marquant une pause pour les toiser tout deux avant de partir dans une autre pièce. Charles le regarda disparaitre. L’animal semblait leur avoir dit dans son propre langage que leur discussion était plus que bruyante et qu’elle le dérangeait. Dire qu’il était en train de prendre en compte le point de vue d’un chat. Bon débarras songea t’il quand la queue du seigneur disparu de sa vue.

Virginia était proche, mais si loin à la fois. Les douces années semblaient si loin. Avaient-elle-même exister ? Bien sur qu’elles avaient existé, il ne possédait pas assez d’imagination pour les créer.
Il ne comprenait pas. Pour lui c’était tout bonnement impossible. Il avait l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Toutes ses vérités n’étaient donc que des mensonges ? Il changea peu à peu de regard. Sa froideur se changea en incompréhension, son incompréhension en tristesse et sa tristesse en tendresse. Etrange, incompréhensible et pourtant il sentait la folle envie de la prendre dans ses bras pour la consoler, pour lui dire qui l’était encore là. Qu’elle pouvait pleurer sans crainte désormais, il était là pour elle, pour la protéger, il l’avait toujours été… ou du moins il aurait dû l’être.

Il commençait doucement à ajouter les faits, comme s’il recréait l’histoire de la jeune femme avec le peu d’information qu’il possédait. Il fut aussi surpris qu’elle. Jamais, il ne l’avait vu aussi énerver… Comme un enfant, il se redressa, l’observa avec une certaine curiosité en restant parfaitement silencieux. Il avait besoin de temps pour ton comprendre. Bien sûr qu’il avait douté, il avait mis du temps avant de lui répondre, mais ses parents lui avaient affirmé que la nouvelle du mariage de Virginia avait dépassé la ville où elle résidait. Etais ce un mensonge ? Il n’avait jamais remis la parole de ses parents en question. Mais aujourd’hui, il était en train de se poser la question. Il déglutit, marquant une longue pause avant de reprendre la parole avec une certaine difficulté. « Je croyais… » non, il n’avait rien à dire, il n’avait pas d’excuse, il avait été idiot, stupide, pourquoi ne pas l’avoir cru, il aurait dû comprendre son appel au secours…Si seulement il avait saisi les rênes de son cheval pour aller lui parler. « Si vous me l’aviez demandé je serais venu vous chercher sur le champ. J’aurais tout abandonné pour vous. Alors je vous demande de ne pas remettre mes sentiments en Questions. Vous mettez votre jeunesse en avant, permettez-moi de faire de même. Au départ, je ne vous ai pas cru, je ne reconnaissais rien de vous dans ses lignes, si ce n’est votre écriture aussi soignée et agréable… Les rumeurs ont fait qu’avec le temps j’ai fini par me faire une raison… Je suis désolée si je vous ai blessé » S’excuser ? Mais qui était-il pour s’excuser de la sorte. Il n’aurait pas dû, mais face à la jeune femme, il était incapable de faire autrement, incapable de la blesser encore plus qu’elle ne l’était même si pour cela il devait blesser sa fierté… Il rajouta d’un ton plus doux, plus simple, un ton qui lui ressemblait plus. « L’amour est proche de la haine, c’est un sentiment qui évolue… et qui est toujours en mesure d’évoluer » Une déclaration ? Non pas vraiment, une ouverture peut être. Son esprit toujours aussi contradictoire était en train de s’acharner dans son esprit. Qu’était-il en train de faire ? Il était en train de tenter de charmer la gouvernante de sa tante ? Gouvernante qu’il s’était juré de détester à jamais. Il était de plus en plus fou, cela devait prendre fin et rapidement. Il finit tout de même par sourire. « Vous venez de m’appeler Charles » C’était bien plus agréable à entendre, même s’il n’aimait pas le ton sur lequel il avait été prononcé.
Au moment même où elle trébucha, il fit un pas pour tenter de la retenir mais elle fut plus rapide que lui. « Permettez-moi d’en douter » D’un geste aimable, il tira une chaise qui plaça à ses côtés avant de lui tendre la main. Il lui laissait le choix de la saisir ou pas, mais plus qu’une main, c’était un espoir qui lui tendait, un espoir vain, un espoir de fou, mais n’était-ce pas ça l’espoir ?

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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Sam 18 Aoû - 22:19


Charles Ellison, Virginia Thornton & Emily Montgomery

Depuis qu’elle travaillait, elle s’était toujours attachée à sa réputation et à sa respectabilité. C’était l’une des seules choses qu’elle possédait et tout ce qui était susceptible de lui apporter un semblant de respect de la part du reste du monde. Elle n’était déjà pas grand chose, mais sans cela, elle ne serait plus rien. Peut-être était-ce par désir de se différencier de son oncle, ou peut-être pour se construire une nouvelle vie et une nouvelle identité. Jamais nul n’avait eu la moindre raison de se plaindre de son comportement, du moins, jusqu’à aujourd’hui. En à peine une seconde, elle venait de faire voler en éclats des années de retenue. Elle avait bien tenté de se contrôler, mais en avait été incapable. Ceci dit, le simple fait de se trouver seule en compagnie d’un homme, un gentleman qui plus est, était suffisant pour entacher sa réputation. Aucun domestique ne se trouvait dans la pièce, mais il était fort probable que pas une miette de la situation ne leur avait échappé, d’autant plus le petit coup d’éclat qui venait d’avoir lieu. Jamais elle ne s’était emportée à ce point et jamais elle n’aurait cru qu’elle le pourrait. La simple présence de Charles avait fait remonter en elle des émotions qu’elle avait cru oubliées. Il lui suffisait de regarder les traits de son visage, ses yeux, pour avoir envie de se jeter dans ses bras. Les domestiques parlaient, et il était fort probable qu’elle aurait de sérieux ennuis si cela revenait aux oreilles de Lady Montgomery. Mais en cet instant, elle n’y songeait pas, et même s’en moquait éperdument. Dire, ou plutôt, hurler ce qu’elle avait sur le coeur l’avait épuisée, mais également soulagée. Oui, elle lui en avait voulu de ne pas lui avoir fait suffisamment confiance au moment où elle en avait eu le plus besoin, mais surtout, elle s’en voulait à elle-même. Elle savait qu’elle s’était laissée persuadée par son oncle, par la peur qu’il lui inspirait, alors qu’elle aurait au contraire dû faire preuve d’un peu plus de courage, et surtout avoir foi en Charles et en son désir réel de la protéger.

Le fossé qui s’était creusé entre eux lui était devenu insupportable. Le sort avait été décidément bien cruel : à présent qu’il était de nouveau devant elle et qu’elle pouvait lui dire tout ce qu’elle avait toujours gardé en elle, elle se trouvait dans une position telle qu’elle ne pouvait se permettre d’entretenir le moindre espoir. Tout ce qu’elle était en droit de demander et d’obtenir au fil du temps serait le fait qu’il ne la déteste plus. Elle sentit cependant qu’il était surpris, et même réellement perturbé par ses propos. Elle était réellement soulagée de ne plus sentir ce regard froid qui l’avait glacée de l’intérieur. Ses excuses firent plus que tout le reste, lui apportant le réconfort dont elle avait besoin. « Je vous demande pardon également. J’aurais dû le savoir et jamais je n’aurais dû garder le silence. Je souhaiterais revenir en arrière, croyez-moi. Malheureusement, c’est impossible. » S’il était réellement venu jusque chez elle s’enquérir de la vérité à ce moment là, la lui aurait-elle dit, ou au contraire aurait-elle persisté dans le mensonge? Elle l’ignorait, et il était inutile d’y songer. Le mal était fait, il ne servait à rien d’y revenir.

Elle ne s’était jamais sentie plus idiote. Avec lui devant elle, le passé revenait la hanter plus que jamais, ainsi que toutes les erreurs qu’elle avait pu commettre. A présent, elle se devait de se montrer réaliste. Elle leva les yeux vers lui. Soudain, il était redevenu le Charles qu’elle avait connu et aimer, celui qui ne cessait de la faire rire et rêver. Il lui tenait à présent un discours bien différent. Mais elle se devait de se raisonner, d’être réaliste et surtout de ne pas s’emporter plus loin qu’elle ne l’aurait dû. Elle baissa les yeux. « La seule chose que j’oserais vous demander est de ne pas me mépriser. Je suis consciente que la lettre que je vous ai écrite à l’époque vous a brisé le coeur, mais sachez qu’elle a brisé le mien au moins tout autant. » Elle craignait presque qu’il ne s’approche trop d’elle, tout en le désirant. Elle avait peur de ne plus être maîtresse d’elle-même, comme cela avait été le cas quelques minutes auparavant. Pourtant, il parvint à lui arracher l’un de ses rares sourires. Oui, elle l’avait appelé par son prénom, alors même qu’elle avait résolu de ne pas le faire.

Mais garder ses distances devint bientôt difficile, et même impossible. Sa jambe était devenue réellement douloureuse et elle demeurait immobile, appuyée sur le dossier de la chaise, espérant que cela se calmerait bientôt. Il refusa de lui obéir et de rester éloigner. Même si elle ne le regardait pas, elle le sentait se déplacer près d’elle, bouger cette chaise, puis se rapprocher afin de lui tendre une main secourable. Il avait eu ce geste tant de fois lorsqu’ils étaient bien plus jeunes. Elle avait toujours été fière, mais n’avait pourtant jamais refusé son aide, ni ne s’était sentie humiliée de l’accepter. Elle le savait proche d’elle et sentait son coeur battre la chamade. Comment était-il possible qu’après toutes ces années, les mêmes sensations reviennent, et même intensifiées par de longues années de séparation. Elle resta un instant immobile, le regardant, avant de se ressaisir et de prendre avec douceur la main qu’il lui tendait. Ce simple contact fit naître une douce chaleur qui l’envahit peu à peu. Elle se laissa docilement guider jusqu’à la chaise qu’il avait installée pour elle et s’y assit. « Je vous remercie. » Puis, elle réalisa qu’il était lui aussi demeuré debout depuis son arrivée à WhiteTree. « Vous devriez vous asseoir également. » Elle sentait que sa présence commençait peu à peu à la rendre folle. Il lui fallait trouver un moyen de revenir à des sujets plus triviaux, tout en répondant aux questions qui lui venaient peu à peu à l’esprit. « J’ignorais que vous aviez des connaissances dans le nord. Je ne pensais pas vous y voir un jour. » Elle avait cru ne jamais le revoir. Mais elle ne pouvait le formuler de cette manière.
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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Dim 19 Aoû - 9:31

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟCharles était stupéfait de la nouvelle. Avec le temps, les années passées, il n’avait plus eu aucun doute sur son mariage. Si elle n’avait pas été marié, elle aurait pu le contacté. Charles avait bien entendu parlé du décès de son oncle. Avouons –le il s’était même trouver rassuré qu’un tel individu ne soit plus de ce monde. Ce jour-là, il avait pensé qu’elle lui enverrait peut être un signe, mais celui-ci ne vint jamais. Charles s’en voulait, il avait été bien trop passif. De nature il n’était pas quelqu’un de très vif, du moins il était assez paisible. Et puis, il était bien trop plein de colère pour accorder de l’attention à la jeune femme. Quelle folie… Une fois de plus, il s’était laissé gouverner par ses sentiments et cela ne lui avait apporté rien de bon. Pourquoi n’avait-il pas pu écouter un peu plus sa raison. Celle-ci était importante, elle lui aurait surement permis de prendre du recul, un recul assez nécessaire pour comprendre qu’il y avait un problème, que ça ne pouvait pas non plus se passer ainsi. Leur histoire n’avait pas à prendre une telle tournure. A la place de ça, il s’était conforté dans une situation des plus désagréables, mais une situation qui ne le mettait finalement pas en danger. Il n’était rien d’autre qu’un couard. Meritait-il vraiment la jeune femme ? il en doutait. D’ailleurs pourquoi pensait-il ainsi ? Il n’était plus question de mariage. Sauf que Charles demeurait quelqu’un de buté. Et même s’il n’allait pas non plus lui proposer de l’épouser sur le champ, il ne pouvait enlever cette possibilité de son esprit. Pour le moment cela serait inconvenant. Virginia était dans une situation délicate. La sienne n’était pas des plus enviables. Ses parents désiraient le marier et ils risquaient de ne ps du tout aimer que Charles vienne leur parler de ses retrouvailles avec Virginia. Ils n’étaient pas idiots. Depuis longtemps, ils savaient que leur fils aimait profondément la jeune femme. C’était donc en le gardant éloigner d’elle qu’ils possédaient encore un certain control sur leur enfant. Sauf que Charles était désormais aux côtés de Virginia et qu’il risquait de devenir assez incontrôlable. L’homme avait toujours fait abstraction des convenances. Du moins, il aurait tout fait pour pouvoir vivre son histoire avec Virginia à l’époque. Il comprenait qu’aujourd’hui (malgré toute cette déception, ce sentiment de trahison et cette haine qui s’atténuait doucement) que cela n’avait finalement pas changé. C’était comme si sa vie ne pouvait être qu’en sa présence. Il avait besoin d’elle et il savait au fond d’elle qu’elle aussi avait besoin de lui. Il pensa pendant un temps que la vie était en train de lui offrir ce qu’on pouvait juger comme étant une seconde chance. Il y a bien peu d’occasion dans ce monde de retrouver une connaissance perdue. Aujourd’hui, il n’avait pensé à le jeune femme qu’en se levant. Il lui arrivait de penser à elle pendant des journées entières. Et étrangement c’était ce jour-là que Dieu avait choisi pour les réunir à nouveau. Pour Charles, cela ne pouvait être une coïncidence. Il s’agissait ici de destin, ça ne pouvait être autrement.

La voix de Virginia avait réussi à l’adoucir. Il était pour un temps redevenu l’homme qu’elle l’avait connu. Il avait cette envie folle de la prendre dans ses bras mais il se retenait pas peur de sa réaction mais aussi par peur d’être observé. Il était en train de comprendre… et cela l’énervait. Son oncle avait dû la ruiner, il ne pouvait pas en être autrement. Cet homme… Si seulement il avait eu l’intelligent d’aller la chercher au lieu de la laisser dans ses griffes. Si elle était dans cette situation, c’était aussi de sa faute, si seulement il avait été plus intelligent et moins aveuglé par la colère, il aurait pu en être autrement. Il détestait par-dessus tout la voir s’excuser, en particulier à lui ce qui était contradictoire parce qu’il recherchait aussi des excuses. Il se contenta de lui sourire, il n’avait rien d’autre à dire… Elle avait raison, ils ne pouvaient revenir en arrière, mais ils pouvaient regarder vers l’avenir. « Je ne vous méprise pas… Je crois ne jamais avoir été en mesure de le faire réellement » ajouta t’il. Mépriser quelqu’un ce n’est pas continuer à l’aimer. Car c’était bien là le problème. S’il en était venu à la détester ce n’était pas par défaut d’amour mais par trop plein. Et aujourd’hui qu’il connaissait la vérité, il était tout simplement en train de recommencer à l’aimer. Ses sentiments lui paraissaient même plus forts qu’à l’époque. « Vous pouvez toujours m’en écrire d’autre » rajouta t’il sur un ton légèrement amusé. Après tout cette lettre n’était pas obligée d’être la dernière.

Il sentit son corps en ébullition quand sa main rentra en contact avec celle de Virginia. Elle était toujours aussi douce. Il referma doucement ses doigts sur celle-ci profitant ainsi de cette proximité qui n’avait plus été pendant de longues années. Il n’avait aucune envie de lâcher sa main, au contraire il voulait la prendre avec lui pour l’amener loin d’ici, mais il ne le pouvait pas, il savait qu’elle n’aurait jamais voulu qu’il en soit ainsi … et ce n’était pas comme ça que cela devait se passer. Il lâcha donc délicatement sa main profitant des dernières secondes en contact avec celle-ci. Charles prit lui aussi place sur une chaise. Désormais il voulait être à sa hauteur, il ne voulait pas se montrer supérieur. Dans son cœur il ne l’était pas, il ne l’avait jamais été. « Figurez-vous que votre maitresse n’est rien d’autre que la cousine de ma mère… Je suis venu en vacances ici quand je n’étais qu’un enfant, vous ne devez pas vous en souvenir.. » Soyons clair, il s’était assis non loin d’elle, juste en face pour dire vrai, il pouvait ainsi profiter de ses yeux et des reflets de ses cheveux… « Par quels moyens êtes-vous arrivé ici ? Votre oncle ? » C’était finalement plus une affirmation qu’une question… Elle n’était pas devenue gouvernante par plaisir. « Je suis venue rendre visite à la cousine pour qu’elle m’aide dans mes recherches. Je me suis installé à Milton depuis quelques temps mais l’air de la ville mais des plus désagréables. Ma tante semble donc la mieux placé pour m’aider à trouver un logement non loin de la ville mais cependant assez éloigné pour que je puisse vivre au calme.. »


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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Dim 19 Aoû - 21:50


Charles Ellison, Virginia Thornton & Emily Montgomery

Virginia était effondrée par la cruauté du destin. En effet, le bonheur qu’elle éprouvait à l’idée de retrouver Charles et de le voir de nouveau entrer dans sa vie était compensé par la terrible certitude que jamais ils ne pourraient être ensemble. Depuis longtemps elle savait que ses chances de trouver un jour époux étaient réduites à néant : elle n’était pas seulement pauvre, mais endettée. Elle était également boiteuse et ne possédait pas de charme éclatant au point de faire oublier tout le reste. Pourtant, elle avait accepté cette certitude car le mariage ne faisait plus partie de ses désirs depuis que leurs fiançailles avaient été rompues. Elle ne voulait nul autre que lui et n’aurait supporté de devenir la femme de qui que ce soit qui n’aurait pas été Charles Ellison. De quoi son avenir serait-il donc fait? Sans doute serait-elle contrainte de travailler le reste de sa vie, jusqu’au jour où elle s’éteindrait, en espérant que celui-ci arrive avant qu’elle ne soit trop âgée pour trouver le moindre emploi. Mais il lui avait suffit de le revoir pour que de nouveau, l’union matrimoniale devienne quelque chose de réellement désirable et qu’elle regrettait de ne pouvoir atteindre. Oui, ses regrets la hantaient : elle n’avait fait preuve ni de raisonnement, ni de discernement, écoutant simplement la violence de ses sentiments et la déception qu’elle avait ressentie lorsqu’elle avait compris que celui qu’elle aimait la croyait capable de trahir ainsi les promesses qu’elle lui avait faites. Mais elle avait cru qu’elle pourrait le surmonter, et qu’au fil du temps, il ne serait plus qu’une image dans son esprit, un souvenir qu’elle se remémorerait avec une nostalgie teinté peut-être d’un peu d’amertume. Comme elle s’était leurrée ! Comme elle avait eu tort ! A présent qu’il se trouvait devant elle, elle comprenait à quel point il lui avait manqué et à quel point elle avait besoin de lui. Il était aussi indispensable à sa vie que l’air qu’elle respirait au point qu’il lui semblait qu’elle étoufferait à la minute où il déciderait de la quitter. Jamais sa retenue ne lui avait parue plus insupportable. Elle aurait voulu être maîtresse d’elle-même et pouvoir dire et faire ce qu’elle ressentait sans craindre de subir des réprimandes de la part de ses employeurs, ou pire, d’être congédiée. Sans argent ni recommandation, que deviendrait-elle? La place qu’elle avait trouvée, sans être absolument idéale, était extrêmement avantageuse, autant pour le lieu où elle se trouvait que pour les bonnes dispositions que les membres de cette famille semblaient avoir envers elle. Bien sûr, ils ne la considéraient pas davantage que comme une simple employée, mais ils la respectaient, chose qui n’était pas si courante parmi les maîtres de maison. La seule et unique chose qui parvenait à la consoler un peu de leur malheureuse situation était la pensée qu’au moins l’un d’entre eux était susceptible de trouver le bonheur. Charles était encore jeune et le plus bel homme à ses yeux. Il avait de la fortune, il était respectable. N’importe quelle femme eut été ravie de l’avoir pour époux. Sans doute serait-il heureux avec l’une d’entre elle. Pourtant, un autre sentiment, plus égoïste, refusait la simple idée qu’il puisse en aimer une autre tant cela lui était insupportable.

Si sa réserve était encore bien présente, sa froideur avait fondu comme neige au soleil et le masque qu’elle se contraignait à porter chaque jour de sa vie avait laissé place à son vrai visage, où transparaissaient chacune de ses émotions. Lisait-il en elle le conflit qui l’agitait? Cela était possible, il la connaissait si bien! Elle avait changé, c’était certain, mais elle n’en était pas moins la même personne. Il ne la méprisait pas ! Il disait n’avoir jamais éprouvé ce type de sentiments à son égard ! Durant des années, elle avait été torturée par l’idée d’avoir pu perdre son estime à lui qu’elle respectait tant. Cela était aussi terrible, peut-être même davantage que d’avoir perdu son amour. Son regard s’illumina, de même que son sourire. « Vous ne pouvez imaginer à quel point cela me soulage et me réchauffe le coeur. » Elle ne s’était plus sentie si légère depuis bien longtemps, et si elle ne s’était retenue, elle se serait volontiers jetée à son cou. Mais la réalité la rattrapa bien trop rapidement et au lieu de cela, elle se contenta de le regarder, un regard sans doute plus tendre qu’elle ne l’aurait voulu, et surtout dû. Elle aurait voulu ensuite baisser les yeux : mentionner cette épouvantable lettre était source de sa plus grande honte. Elle n’avait oublié aucun des mots qu’elle avait dû y écrire, et elle ne pouvait y penser sans faire face à la faiblesse dont elle avait fait preuve à l’époque. Le fait de reprendre une correspondance pourrait-il vraiment tout effacer? « Etes-vous sérieux? Cela vous ferait-il réellement plaisir? » Elle n’osait croire qui en avait réellement envie, surtout après ce que la dernière de ses lettres lui avait fait subir.

Il était assis, face à elle, si proche et pourtant si lointain qu’elle ne pouvait le toucher sans que cela ait des répercutions désastreuses. Tout était tellement plus facile du temps de leurs fiançailles ! Leur union était approuvée par leur entourage, désirée et leurs instants de proximités n’avaient jamais été regardés comme honteux, tant que cela ne dépassait pas certaines règles de bienséance. Elle l’avait vu lâcher sa main avec un grand regret. Il lui sembla que la chaleur disparaissait avec lui, laissant sa peau de nouveau glacée. Néanmoins, ils avaient tant de choses à se dire ! Elle voulait tout savoir de lui, ce qu’il était devenu et ce qu’il avait vécu. Apprendre que sa famille était liée à celle des Montgomery la surprit au plus haut point. « Quelle incroyable coïncidence ! Peut-être m’en aviez-vous en effet parlé, mais il est vrai que je n’en ai pas le souvenir. » Comme le hasard faisait les choses ! De toute les familles d’Angleterre, il avait fallu qu’elle se trouve employée par celle liée aux Ellisons, et donc à Charles. C’était si extraordinaire qu’elle avait du mal à croire que ce ne fut pas une manoeuvre du destin. Cependant, il évoqua bientôt un sujet bien plus désagréable et une ombre voila son regard. Malgré les années passées, elle ne parvenait pas à oublier. « En effet, vous avez vu juste. Il a malheureusement connu quelques... revers de fortune. » Par pudeur, elle n’en dit pas davantage, sachant qu’il comprendrait. Elle ne lui parla cependant pas de ses dettes, qu’elle préférait pour le moment garder pour elle. « Comme je vous comprends ! J’ai vécu quatre ans à Milton et j’ai été ravie de quitter cette ville pour Histon. » La venue du jeune homme dans le nord ne cessait de l’étonner. Et soudain, elle eut cette terrible suspicion : y avait-il une femme dans sa vie? Ou pire, était-il marié? Jusqu’ici, elle avait tenu son célibat pour acquis, mais au fond, il n’avait jamais rien dit de tel. Elle n’osait lui poser la question directement, de crainte de la réponse. Soudainement hésitante, elle tenta de l’obtenir par des moyens détournés. « Je dois vous avouer que je suis quelque peu surprise que vous soyez venu vous établir dans le nord. Y avait-il à cela une raison particulière? »
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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Lun 20 Aoû - 10:21

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟDésormais Charles se moquaient bien de rencontrer sa cousine. Il espérait au contraire qu’elle n’arrive pas avant longtemps. C’était surement des plus égoïstes, vu qu’il n’était pas chez lui, mais il voulait continuer à parler avec Virginia. En fait il ne voulait tout simplement plus jamais la quitter. D’une certaine façon, il était en train de voir le monde extérieur comme hostile. S’il n’y avait pas autant de convenances, pas autant de règles qui régissaient ce monde, rien ne l’aurait empêché de montrer à la jeune femme ce qu’il ressentait vraiment, il n’y aurait pas eu cette barrière. Cette barrière qui l’empêchait de pouvoir la saisir, la prendre dans ses bras avec tendresse et amour. Il l’avait fait tant de fois…Pourquoi cela devait il lui être interdit ? Parce qu’ils n’étaient plus fiancé à cause d’un homme qui avait tout ruiné ? Il ne pouvait tout simplement pas l’accepter. La seule chose qui l’avait poussé à accepter cette situation c’était l’idée qu’elle avait choisi un autre homme que lui. Il n’avait donc plus aucun moyen de faire partie de sa vie. Désormais, il savait que cela n’était que mensonge, il ne voyait donc pas pourquoi il devait retenir toutes ses émotions, mais il savait que c’était la meilleure chose à faire pour le moment. Il ne pouvait pas être trop entreprenant, ce n’était même pas une question de convenance, c’était plutôt par rapport à elle. Virginia était une femme droite, elle avait toujours respecté bien que plus les convenances. Il n’avait donc pas envie de la choquer ou de voir se fermer à lui à cause d’actions trop entreprenantes. Cependant Charles était désormais bien décidé à changer leur destin. L’idée qu’elle travaille toute sa vie lui déplaisait et il était bien décidé à arrêter cela à un moment ou à un autre. Non, Virginia était une étoile, un trésor, elle n’avait pas à travailler pour gagner sa vie. Elle n’avait pas été destinée à ça. Le destin s’était juste joué d’elle. N’avait-elle pas assez vécu de choses ? La mort de ses parents ? La violence d’un oncle ? Se priver de tout ce qui avait d’elle une femme bourgeoise ? Charles n’était d’accord avec aucun de ses événements. D’une certaine manière, l’homme restait quelqu’un d’assez croyant mais il aimait croire qu’on pouvait prendre son destin en main et s’il devait jouer au sauveur, alors il se jetterait à l’eau.

Il aimait Virginia, il l’avait toujours aimé. C’était cet amour qui l’avait été à la détester, mais au moment même où il avait posé son regard sur elle, il avait compris que ce mépris n’avait jamais existé. Il s’était tout simplement agi d’un voile qui l’empêchait de voir clairement les choses. Maintenant qu’il était de nouveau en mesure de voir clairement les choses, il avait envie d’honorer leur promesse. Celle-ci n’était plus d’actualité, mais si on y réfléchissait bien, elle n’était plus d’actualité pour ses parents. Lui n’avait jamais abandonné l’idée… Il ignorait cependant les désirs de son aimée. Cependant il voyait bien dans son regard la même passion qui alimentait son cœur, ils étaient tous deux prisonniers des convenances…
Charles n’allait pas abandonner l’idée de l’épouser, mais il savait qu’avant tout ça, Il allait devoir prendre son temps, du temps pour se redécouvrir car malgré les années ils avaient changé. Et il aurait besoin de temps pour réussir à faire accepter cette idée à ses parents, ils ne pouvaient pas leur imposer un mariage… Virginia ne méritait pas de vivre en parjure à cause de lui…

Charles luttait contre l’envie de lui prendre la main pour l’approcher de lui, il rêvait de la saisir de nouveau dans ses bras, sentir son cœur battre, sa chaleur se mélangeait à la sienne. Peut-être aurait-il même tenté d’y parvenir s’il n’avait pas été chez sa cousine…
Quelques minutes plus tard, ils s’étaient montrer hostile l’un à l’autre. Désormais, quiconque aurait pu remarquer l’amour qui les liait. « Vous ne pouvez imaginer à quel point cela me soulage et me réchauffe le coeur. » A ces mots, il resta silencieux, mais son regard ne l’était pas. Au contraire il semblait vouloir se blottir contre son âme, contre elle, pour lui dire que son cœur était en train de bouillonner d’amour et de désir, mais il se retenait…il se devait de se retenir. Il ne savait pas s’il allait y arriver très longtemps, il s’étonnait déjà de sa retenu. Il aurait aimé soulever son menton pour que plus jamais elle ne baisse les yeux devant lui, mais elle était trop loin pour qu’il puisse y arriver. « Etes-vous sérieux? Cela vous ferait-il réellement plaisir? » L’homme caressa doucement la table qui se trouvait à ses côtés. Il n’avait pas écrit depuis tant d’années…Si ce n’est à sa mère, ne pas lui répondre l’aurait trop inquiété. « Ne plus recevoir vos lettres a été la pire des punitions… Je crois que je les ai toujours attendus... Alors oui, vous ne pourrez me faire plus plaisir. »
Charles se mit à rire. Il était en effet surprenant que sa famille soit celle qui est engagée la jeune femme. « Incroyable n’est-ce pas… Étais-je destiné à vous retrouver ? » Allait-il trop loin ? Il n’en savait rien, mais il savait que ses paroles étaient finalement remplies de nombreux sous-entendus.
Son sourire perdit de son éclat… Il savait que ces pires années étaient surement celles qu’elle avait passé avec son oncle. « J’aurais tellement aimé pouvoir être à vos côtés… » C’était surement une de ses plus grandes déceptions. Charles aurait aimé être là pour elle, c’était son rôle, son devoir. Peut-être était-il mieux qu’il n’y soit pas, il aurait été incapable de rester poli devant son oncle, il aurait même pu se montrer violant, mais pour la défendre il aurait été capable de tout.
Il ne fut pas vraiment surpris qu’elle n’aime pas Milton, lui comme elle n’était pas fait pour vivre dans ce genre d’endroit, cela ne leur ressemblait tout simplement pas. A sa dernière question, il demeura quelques instants silencieux. Sans le vouloir, cette question lui faisait plaisir. Il l’a connaissait assez bien pour savoir qu’elle était en train de s’intéresser à son statut. « Cherchez vous à savoir si je suis marié » Lui répondit-il sur un ton amusé qu’il utilisait bien souvent à l’époque. « Je n’ai jamais voulu être marié qu’a une seule personne : Vous et nulle autre. J’ai investi dans une usine de sidérurgie, je commence juste à obtenir les bénéfices. Il n’y a rien de plus que cela... »


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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Lun 20 Aoû - 12:35


Charles Ellison, Virginia Thornton & Emily Montgomery

Combien de temps leur restait-il, à pouvoir ainsi profiter de la présence de l’autre? Elle n’avait pas songé à regarder l’heure sur la pendule du salon et ignorait depuis combien de temps Lady Emily s’était éclipsée. Elle n’était pas idiote, elle savait parfaitement que dans des circonstances ordinaires, la jeune femme n’aurait jamais laissé ainsi son cousin qu’elle n’avait plus vu depuis longtemps, seul avec une employée. Virginia la connaissait peu, mais suffisamment pour savoir qu’elle était perspicace et avait l’esprit vif. Le fait qu’ils se connaissaient ainsi que la froideur qui avait régné dans la pièce à l’instant où ils s’étaient trouvés face à face ne lui avaient pas échappé. Mais à présent, la glace avait fondu et s’était transformée en une douce chaleur qui se faisait de plus en plus intense. Pour la jeune femme, celle-ci avait cependant une saveur amère puisqu’elle ne pouvait dire ou faire tout ce qu’elle désirait. Elle était coincée, prise au piège dans son rôle de respectable gouvernante alors qu’elle aurait tant voulu pouvoir se blottir dans ses bras, comme elle l’avait fait tant de fois à une certaine époque. Jamais elle n’avait tant maudit les convenances qu’en cet instant. Ceux qui l’estimaient sévère, austère, stricte et ennuyeuse auraient été bien surpris de la voir à ce moment précis, envahie par une passion qu’elle n’avait plus connue depuis des années, des sentiments que seul Charles semblait avoir le pouvoir de faire naître en elle. Quelque part, elle espérait presque qu’il ait un geste envers elle, tout en le craignant, sachant pertinemment qu’elle ne pourrait se contrôler s’il ne le faisait pas non plus. Elle savait ce qu’elle risquait : si elle perdait son emploi, elle n’aurait aucun endroit où aller et il lui faudrait du temps avant d’en retrouver un autre. Et pourtant, cet argument, si fort soit-il, lui semblait de moins en moins convaincant face à celui qu’elle aimait, qui ne cessait de la regarder et dont elle ne pouvait détacher les yeux qu’avec une grande difficulté, craignant presque qu’il ne s’évapore si jamais elle osait détourner le regard.

Ils étaient seuls sans vraiment l’être et c’était une véritable torture. Elle songea aux domestiques, qui devaient déjà échanger des messes basses entre eux, mais elle eut vite fait de les chasser de son esprit : elle aurait tout le temps de se soucier de cela plus tard. Elle aurait tant souhaité que le reste du monde disparaisse, ne serait-ce que pour quelques minutes ! Mais ces brefs instants lui étaient refusés, et sans doute était-ce mieux ainsi. En effet, quel avenir pouvait bien les attendre au fond? En supposant qu’il avait toujours l’envie de faire d’elle sa femme, jamais sa famille ne le permettrait. Elle connaissait les Ellisons depuis son enfance : ils l’avaient aimée, et avaient aimé ses parents. Malgré cela, elle était lucide et savait que le souvenir de cette affection ne suffirait pas à compenser la chute de Virginia dans la hiérarchie sociale. Si leurs deux situations avaient été inversées, il est fort probable que les Thorntons auraient agi de même. C’était sans compter de ce qu’en penserait l’ensemble de la société, en particulier Lady Montgomery qui serait sans doute furieuse à l’idée qu’une simple gouvernante ait pu voler à l’une de ses filles un prétendant potentiel, car si elle n’avait pas encore revu Charles, il ne faisait nul doute qu’une telle idée entrerait tôt ou tard dans ses projets.

Mais pour le moment, à cet instant précis, rien de tout cela ne comptait. Il n’y avait qu’eux, dans cette pièce où ils n’étaient malheureusement pas libres de leurs agissements. Elle tentait de se focaliser sur sa respiration, et de ralentir les pulsations de son coeur qui battaient encore et encore à tout rompre, source d’une délicieuse et troublante douleur. Mais elle ne pouvait le toucher et devait se contenter de ses mots, qui se faisaient de plus en plus réconfortants. Il lui semblait qu’elle retrouvait peu à peu la personne qu’elle était avant, celle qui souriait sans cesse, espiègle et pleine de vie, loin de la jeune femme distante et inexpressive qu’elle était devenue. « Alors je vous écrirai, si vous promettez de me répondre. » Ceci était une promesse, le serment qu’il ne sortirait pas de sa vie et que d’une manière ou d’une autre, ils resteraient liés et proches l’un de l’autre, même si le monde semblait leur interdire le reste. Bien sûr, personne ne devrait le savoir, mais elle trouverait bien quelqu’un de suffisamment discret pour que nul n’ait vent de cette correspondance. Son regard se posa sur la table qu’il caressait et elle eut l’irrépressible envie de se trouver à la place de cet objet. Ne pas pouvoir le toucher devenait de plus en plus difficile, d’autant plus lorsqu’il prononçait des paroles qu’elle avait toujours eues envie d’entendre, sans jamais oser se l’avouer.

« Incroyable n’est-ce pas… Étais-je destiné à vous retrouver ? » Elle sourit, songeant à l’improbabilité de ces retrouvailles. « Peut-être bien. Je suppose que nous ne le saurons jamais. » Elle sentait que leur conversation se faisait de plus en plus inconvenante, mais ne parvenait pas à trouver cela mal. Ils avaient tout été l’un pour l’autre. Durant des années Charles avait représenté son univers, sa raison de vivre. Jamais elle n’avait cru être séparée de lui, mais c’était arrivé. Comment de telles retrouvailles pouvaient avoir quelque chose de mal, ou dont il faudrait avoir honte? Malgré les années passées, malgré tout ce qu’ils avaient traversé et malgré la manière dont s’étaient passées les premières minutes de leur entretien, elle l’aimait toujours, et sans doute plus que jamais. Il ne pouvait rien y avoir de mauvais à cela.
Elle ne voulait plus parler de son oncle, ou évoquer cette période de sa vie. Peut-être oserait-elle le faire plus tard, à un moment où ils seraient réellement seuls, mais pas maintenant. Le fait qu’il puisse éprouver du remord à cause de cela lui faisait de la peine. « Ne songeons plus à cela, je vous en prie. Sachez que je ne vous en ai jamais voulu. A présent, cela appartient au passé et il est inutile de se torturer à ce sujet. »
Dans ses rêves les plus fous, elle s’imaginait qu’ils trouveraient le moyen d’être de nouveau ensemble. Mais était-il réellement libre? Comment avait-elle pu ne pas y songer? Après tout, des années s’étaient écoulées. Elle sentit le serpent de la jalousie commencer à s’infiltrer en elle, mais qui disparut bien vite. Il la connaissait trop bien pour être trompé par son subterfuge. Son teint pâle se colora de rouge, comme si elle avait été une toute jeune fille prise en faute. « Mais non, je... » Elle bredouilla quelques protestations, sachant pourtant qu’il serait inutile de le détromper. Mais sa gêne disparut dès que les explications furent données. Il n’aurait pu être plus clair. Prise d’une soudaine impulsion, elle avança sa main, mais retint finalement son geste, trop vite rattrapée par la réalité. « J’aimerais tant que les choses soient différentes, que nos fiançailles aient abouti à l’époque comme cela aurait dû être. Je sais que je ne devrais pas dire cela, que c’est incorrect, mais après tout, je ne suis plus une fille de bonne famille et je ne prétends plus l’être. »
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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Lun 20 Aoû - 16:21

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟSi Charles avait été un homme respectable, il aurait surement pris la fuite pour ne pas être tenté. L’excuse de ne pas paraitre impoli envers sa cousine en était bien une. Cela lui permettait de rester avec Virginia jusqu’à leur retour. Il espérait d’ailleurs que leur retour soit retardé… Ils avaient tant de chose à se dire, bien trop de chose pour une seule journée. Charles était de plus en plus déterminé à trouver une demeure. Mais alors qui la voulait assez prêt de la ville. Désormais, il allait surement orienter sa recherche sur une maison non loin de cette des Montgomery. Cette proximité le rapprocherait donc de Virginia, le temps qu’il puisse trouver une solution descente. Car oui, il était finalement bien décidé à l’épouser. Charles était assez sûr de lui, mais dans ce genre de relation, il l’était beaucoup moins. Sa tendresse vis-à-vis de Virginia était telle qu’il se refusait à la faire souffrir de nouveau de quelques manières que se soient. Sa vie avait finalement toujours tourné autour de la jeune femme. Il aimait repenser à leur enfance, à l’époque où ils étaient bien moins proches et ou au contraire les coups bas étaient de mises. Ce n’était pas une si mauvaise période. En y repensant c’était même amusant. Virginia n’avait pas manqué de volonté pour lui tenir tête et il n’avait pas cessé de rendre sa vie impossible. Jusqu’à ce que ses sentiments deviennent bien plus tendre, mais même après Charles avait gardé un côté assez enfantin. Il a toujours eu cette tendance à vouloir changer le monde, à ne pas obéir aux pieds de la lettre ? Charles aime à sa façon être un libre penseur. D’ailleurs s’il a aussi décidé d’émigré à Histon ce n’est pas uniquement pour faire fortune, c’est aussi et avant tout pour échapper à la pression familiale et à sa mère. Loin de lui l’idée de se marier avec une autre femme que Virginia. Disons que désormais, sa situation était plus enviable qu’elle n’aurait pu être à l’époque. S’il désirait épouser une femme, il était un peu plus libre. Son entreprise fonctionnait bien. Il n’avait donc pas à craindre d’être ruiné. Ses parents n’avaient plus trop d’impact à ce sujet – là. Il n’avait juste pas envie de se mettre sa famille à dos ce qui en soit était finalement assez légitime. Mais il savait aussi que s’il s’agissait de la seule façon de pouvoir vivre avec Virginia, il n’hésiterait pas une seconde. La seule chose qui lui faisait vraiment peur, c’était qu’elle refuse parce qu’elle ne le méritait pas. Il ne pensait pas ainsi, mais il la connaissait assez bien pour savoir que c’était une pensée qui devait la ronger. C’était un peu ce qui le bloquait, rajouté au fait qu’ils venaient juste de se retrouver, il se voyait mal lui faire sa demande encore moins dans la maison de sa cousine. Non s’il le faisait il voulait que ce soit bien fait. Pour le moment, il espérait donc que ses sentiments soient justes partagés et qu’elle puisse imaginer elle aussi une vie commune quelques soient les difficultés qu’ils soient amené à traverser. Car s’ils choisissaient de prendre ce chemin, ils allaient devoir affronter pas mal de choses. Charles seraient surement en mesure de le supporter mais quand seraient-ils de Virginia ? Pour le moment il allait surement trop vite en besogne mais il ne pouvait s’empêcher de penser ainsi.
Un sourire en coin se dessina sur le visage de Charles, lui répondre, en voilà une drôle d’idée. « Je vous en fais la promesse » C’était ça une correspondance après tout, il lui avait toujours répondu même lors de la dernière lettre. Il lui répondait toujours, cela n’allait pas changer… il se refusait à ne jamais lui répondre, il avait besoin de ça pour la savoir prêt de lui. Il n’avait jamais supporté leur séparation et maintenant qui l’avait retrouvé cela risquait d’être encore plus dur.
Il ne put s’empêcher de rire de son gène, ce n’était pas de la moquerie. Au contraire il était touché par sa jalousie, cela la rendait encore plus attachante. Son mouvement de main ne lui échappa pas, bien au contraire. Alors qu’il s’était retenu jusqu’à là, il perdit le contrôle. Sa main se referma délicatement sur la main de Virginia. « Pour moi cela ne change rien Virginia… Si vous le souhaitez je réitère mes vœux…. Je n’ai jamais souhaité que ça » Il serra doucement sa main, caressant avec tendresse le dessus de celle-ci avant de porter ses lèvres et de l’embrasser avec délicatesse. Oh oui, cela n’était pas « bien » mais voyez-vous il s’en moquait tout simplement. Il avait besoin d’elle et qu’importe le reste du monde, si elle le désirait, il ne voyait tout simplement pas le problème. Doucement le regard de Charles plongea dans celui de Virginia, il aurait aimé tant aimé combler le peu de distance qui restait entre eux, mais avant ça il préférait attendre sa réponse.



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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Lun 20 Aoû - 17:49


Charles Ellison, Virginia Thornton & Emily Montgomery

Il lui semblait que le temps s’était arrêté, et qu’autour plus rien n’existait. Il n’y avait qu’eux, eux et leurs souvenirs, leur histoire. C’était comme si la séparation n’avait pas eu lieu, d’un coup, la douleur et les souffrances s’étaient envolées presque comme si elles n’avaient jamais existé. Elle en avait même oublié que Lady Emily n’allait sans doute pas tarder à rentrer avec sa jeune soeur et que le temps qu’ils passaient ensemble était compté. Au contraire, elle se plongeait dans l’instant présent où elle connaissait un bonheur qu’elle avait cru perdu à jamais. Elle se revoyait, des années auparavant avec lui, leurs rires, leurs taquineries, la joie qu’elle éprouvait à l’instant où elle pouvait le retrouver et la souffrance qu’elle endurait à chaque fois qu’elle devait se séparer de lui, même l’espace de quelques heures. Elle qui s’était tant moquée de ce sentiment que l’on appelait l’amour étant enfant l’avait amèrement regretté une fois qu’elle en avait été la victime. Pourtant, elle n’aurait voulu s’en débarrasser pour rien au monde tant le bonheur compensait le manque. Aimer et savoir qu’elle était aimée en retour avait été ce qu’elle avait connu de plus intense et extraordinaire au cours de sa vie. A l’époque, elle était persuadée que cela durerait toujours. Tout le laissait à penser, jusqu’à la volonté de leurs parents et la similitude de leurs situations. Si elle avait su ce qui allait advenir, elle aurait apprécié d’autant plus tous les instants qu’elle avait pu vivre avec lui. Le jour où elle avait été séparée de lui à jamais, elle avait bien cru que la douleur finirait par la tuer. Elle avait presque regretté que la nature lui ait accordé une si excellente santé. Les tragédies qu’elle avait pu lire dans la bibliothèque de son père avaient alors pris tout leur sens. Elle se serait volontiers laissée mourir, comme tous ces héros dont elle avait lu les malheurs, si son instinct de survie et sa raison n’avaient pas été plus forts. Il n’y avait aucune gloire à retirer d’un tel laisser-aller et en dehors de la littérature, c’était un acte qui n’avait rien de noble. Alors, elle avait supporter son quotidien, au jour le jour, tentant de tirer parti de la moindre satisfaction qui pouvait s’offrir à elle. La vie lui avait cependant parue bien terne, aussi triste et grise que la fumée qui sortait des usines de Milton. Il avait fallu qu’il revienne pour que de nouveau les sentiments, mauvais puis bons, aient pris possession de son être, la rendant vivante à nouveau. Elle sentait que s’il partait de nouveau, s’il ne lui donnait pas la promesse qu’ils se reverraient, elle perdrait définitivement pied. Le perdre une seconde fois lui serait insupportable à présent qu’elle l’avait retrouvé.

Alors qu’elle n’osait le toucher, encore trop retenue par l’idée de ce que l’on pourrait penser d’elle, il fut plus courageux et lui saisit la main. Elle aurait dû paniquer et la retirer vivement, mais la laissa au contraire. Elle savait qu’elle avait depuis un moment cessé de se comporter comme une jeune femme respectable. Elle aurait dû se soucier davantage des commérages et de la vision qu’elle donnerait au reste du monde. Mais à côté du bonheur de ce contact avec Charles, cela lui semblait à présent sans la moindre importance. Elle sentait son désir de se rapprocher de lui s’accroître encore plus. Elle ferma les yeux, souriante, et sentit un pur bonheur l’envahir. Ces mots qu’ils prononçaient étaient ceux qu’elle avait toujours rêvé d’entendre, et ce depuis l’instant où elle avait pris conscience que c’était réellement de l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Elle n’avait jamais cessé de l’imaginer, pas même lorsque tout espoir avait semblé vain. Etait-ce possible? Elle voulait y croire, sincèrement, elle voulait croire que leur union était encore envisageable. Mais lorsqu’elle se remémorait les obstacles qui ne manqueraient pas de s’interposer, cela lui semblait n’être qu’un rêve inaccessible.

A l’instant où elle sentit le contact de ses lèvres sur sa main, elle perdit le contrôle à son tour. Au-delà de toute attente, ce fut elle qui rompit la distance qui subsistait entre eux. C’était comme si son corps ne lui obéissait plus, et que sa raison s’était soudainement éteinte. Elle se redressa juste assez pour quitter sa chaise et pouvoir se blottir contre lui, passant ses bras autour du coup de Charles et reposant sa tête au creux de l’épaule du jeune homme. Elle respira son odeur, qui n’avait pas le moins du monde changé. « Je vous en prie, laissez moi rester là, juste quelques instants. » Elle savait à quel point ce qu’elle faisait était mal et qu’elle allait probablement avoir de très sérieux ennuis à l’instant où Lady Montgomery l’apprendrait. Mais c’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait s’en empêcher. Se laisser envahir par la chaleur qu’il dégageait, sentir les battements de son coeur étaient tout ce qu’elle avait désiré. Elle sentit pourtant les larmes lui monter aux yeux à l’idée de ce qu’elle était sur le point de lui dire. « Vous ne pouvez savoir à quel point j’ai attendu que vous prononciez de telles paroles, Charles. Mais je suis lucide, je sais que cela ne peut être car tout s’y opposerait, à commencer par votre famille. Ce n’est pas dans l’ordre des choses, et cela me brise le coeur. » Elle ignorait à quel point ils étaient écoutés, mais il y avait fort à parier que sa conduite était propre à choquer tous ceux qui auraient décidé de tendre l’oreille près de la porte. Pourtant, en cet instant, elle ne s’en souciait plus, restant immobile à cette place qui était la seule qu’elle désirait.
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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Lun 20 Aoû - 18:31

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟRevenir à la surface, respirer de nouveau après avoir passé plusieurs longues secondes sous l’eau. Vous savez quand vous êtes si profond que vous pensez que plus jamais vous ne verrez le vert des arbres. Vous vous battez contre cet élément liquide dans lequel vous vous êtes jeté avec tant de plaisir et vous luttez pour remonter à la surface. Après la dernière lettre de Virginia, Charles avait demeuré sous l’eau. Dans un espace ou sa survie ne dépendait qu’a rien de plus que les éléments vitaux de la vie : Boire, manger, dormir. Il n’avait rien vécu d’autre. Il avait continué à vivre parce qu’il n’avait plus que la vie, il ne lui restait plus qu’elle. Mais elle n’était pas assez forte pour qui la prenne en main. Il n’avait eu aucune envie de sortir de cet océan. Pourquoi l’aurait-il fait ? Pour être frappée de plein fouet par la triste vérité. Celle qui lui pendait au nez mais qu’il refusait d’accepter. Vivre une vie sans elle, sans ces émotions. Cela n’avait tout simplement pas de sens. Quand vous savez ce que sait de vivre avec de telles émotions, vivre tout simplement ne vous apporte rien, vous n’êtes qu’une coquille vide, tout vous semble fade, insipide. Rien n’a plus la même couleur, plus le même gout. C’est comme si votre esprit se fermait à tout le reste. C’était comme ça qui l’avait vécu pendant ces quelques années. Désormais, il n’avait plus envie que ce soit le cas. Elle était là, elle était en face de lui et il ne voulait pas que cela change. Hors de question pour lui de partir sans avoir une véritable réponse, une réponse qui le satisferait. A vrai dire Charles se moquait bien de la présence des domestiques. Il les avait oubliés, la seule chose qui comptait pour lui c’était la présence de la jeune femme et il était bien décidé à en profiter durant la période qui lui était offerte. Ces années passées à tenter de la détester c’était comme évanoui. Il ne restait plus que les bons souvenirs, les mauvais s’étaient changés pour devenir moins douloureux. Avec le temps peut être en riraient-ils ? Pour le moment, la tournure qu’avait pris la vie de Virginia était tout sauf drôle, mais Charles n’avait pas envie que leurs retrouvailles sombres dans la mélancolie. Il voulait se souvenir de ce moment comme d’un des plus beaux de sa vie et pour le moment s’était finalement bien parti. Les domestiques de la maison semblaient assez intelligents pour rester en dehors de la pièce. Nul doute qu’ils devaient cependant écouter aux portes, mais cela n’allait pas empêcher Charles de dire ce qu’il avait sur le cœur à Virginia. Il trouvait cependant dommage qu’ils ne puissent pas être complètement seuls. Seuls, ils auraient pu oublier les convenances. Là, ils ne le pouvaient pas vraiment, ils se devaient de garder tout de même une certaine bienséance…Quoique… Charles le savait il n’allait pas lui en falloir beaucoup plus pour qu’il laisse de côté tout ce qu’on lui avait pris.
Il fut agréablement surpris de la réaction de la jeune femme. Mais c’était une agréable surprise, très agréable même. Il passa avec tendresse ses bras autour de sa taille, refermant doucement son emprise autour d’elle. C’était fini, il se moquait désormais de toutes les règles qui se devaient de suivre. Tout un coup, il n’en avait plus du tout envie. « Virginia.. » murmura t’il avant de poser tendrement sa tête contre ses épaules, les effleurant doucement avec ses lèvres. Durant leur époque de fiançailles, ils n’avaient pas été des plus sages, ils n’avaient bien sur pas sauté le pas interdit, mais ils avaient toujours été assez tactile et désormais Charles avait bien du mal à résister. Il posa donc tendrement sa tête avant de respirer son odeur, de sentir sa chaleur. Il était bien, parfaitement à l’aise. Il ne fut même pas gêné par ses mots, non, il ne voulait pas que cela finisse ainsi. « Après ce que vous venez de me dire, croyez-vous que je puisse accepter vos mots… Laissez-moi du temps... et je vous promets que notre promesse se verra accompli devant dieux. Je ne peux continuer à vivre sans vous …. Pas une fois de plus »


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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Lun 20 Aoû - 19:34





Charles & Virginia & Emily ❥

Depuis toujours, je me noyais avec un plaisir sans fin dans les romans ou les protagonistes vivaient de magnifiques histoires d’amour. Cela ne m’était évidemment pas dans mes histoires, encore moins dans la possibilité de trouver un mari, mais ça m’avait donné un côté romantique un peu exacerbé. Je l’avouais sans mal, je revais de vivre une belle et grande histoire d’amour, une de celle qu’on lit dans les livres. Cela devait être si particulier de pouvoir vivre ce genre d’aventure. Mon cœur n’avait jamais battu pour un homme, il n’avait jamais été attiré, il était assez solitaire. J’aimais la vie en communauté, je ne pouvais m’en passer mais je restais tout de même assez fidèle à moi-même. Je me voyais mal marier. En fait je voyais mal un homme m’accepter telle que j’étais et je me voyais mal vivre avec un homme que je pourrais aimer avec tous ses défauts. Non cela me semblait tout simplement impossible. Tout me semblait difficile dans ce monde, surtout quand on était une femme. Gentille ? Je l’étais peut être un peu trop, il était finalement assez facile de me duper, quoique. En tout cas ce qui était sur, c’est qu’il y avait quelques choses entre les deux. Je l’avais sentit au moment même ou mon regard s’était posé sur eux. A ce moment là, je m’étais retrouvé plongé dans le roman de Jane Austen : Persuasion… avec le capitaine Wentworth. Dire que tout ça était en train de se dérouler sous mes yeux. Un théâtre dans mon salon. J’aurais aimé accepté à la scène, mais je voyais bien que ce n’était tout simplement pas ma place. Non je ne faisais pas partie de leur histoire, c’était tout même décevant que ma gouvernante semble si éprise d’un homme et que moi je ne sois éprise que de ma jument. Depuis toujours, j’avais compris que Virginia cachait quelque chose, elle semblait si malheureuse. Est-ce cet homme ? Je n’en savais rien, cela devait avoir un rapport. Ils avaient beau être froid l’un envers l’autre, je sentais bien que cette froideur était liée à des sentiments bien plus profond. C’était tout simplement de l’amour. Alors je me moquais quelle soit ma gouvernante, elle avait le droit de vivre cette histoire. Je préférais donc les laisser l’écrire. Ma cadette n’avait pas vraiment comprit le manège, elle n’avait cependant pas poser de questions et s’était élancée à ma suite. Le reste de mon après-midi se concentra sur celle-ci, pour qu’elle promette de ne rien dire. Elle finit par accepter la situation, si je lui offrais mes dernières chaussures. Chaussures qu’elle ne pouvait pas mettre… Le choix était difficile mais je dus tout de même abdique. Nous n’étions jamais parties au village. Non nous étions restés dans les champs non loin de la maison. Ma sœur était en train de faire un collier de fleurs quand mon regard se posa sur de la poussière qui s’élevait de la route. Nul doute que mes parents étaient sur le chemin du retour. Ni une, ni deux, je m’élançais dans la maison et jetais un regard désapprobateur aux domestiques adossées aux portes. Sans plus attendre je franchissais la porte. Avant de regarder la scène bouche bée… Qu’est que j’aurais aimé vivre ce genre de scène, toute cette tension, cette sensualité et tout ça dans l’interdit, c’était juste super excitant. Bref… ce n’était pas trop le temps de rêvasser. En tout cas leur relation semblait s’être améliorée…bien améliorée. « Je suis désolée de vous déranger…mes parents ne vont pas tarder et je pense qu’il serait bien pour tout le monde qu’ils ne vous voient pas ainsi… »Je n’avais aucune rancœur envers ma gouvernante. Non j’étais pleine de curiosité j’avais tout simplement hâte qu’elle me raconte leur histoire..
Codage fait par .Jenaa


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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Lun 20 Aoû - 20:46


Charles Ellison, Virginia Thornton & Emily Montgomery

Jamais elle n’aurait cru pouvoir connaître un tel bonheur, à nouveau. A présent qu’elle savait ce que signifiait être séparée de lui, elle le goûtait d’autant plus, étant consciente que ces instants pourraient très bien n’être qu’éphémères. Qui pouvait dire ce qui arriverait demain? Les années et l’expérience lui avaient appris à quel point l’existence était fragile et que tout pouvait basculer d’un coup. Pourtant, elle espérait plus que tout que rien ne change. Si réellement le destin leur avait offert une seconde chance, ils se devaient de la saisir. Mais comment faire quand tout semblait aller contre eux et les sentiments qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre? L’avenir lui paraissait être quelque chose de particulièrement abstrait et elle ne voulait surtout pas se laisser bercer par de faux espoirs. Pour le moment, c’était par lui qu’elle se laissait bercer, par son souffle, la chaleur de son corps, sa voix qu’elle aimait tant entendre. Les domestiques, les convenances, les ennuis qui l’attendaient, tout cela n’avait plus la moindre importance à ses yeux. Pour elle, il n’y avait aucun lieu meilleur au monde que le creux des bras de Charles où elle avait toujours trouvé refuge lorsqu’elle était contrariée, malheureuse, ou tout simplement lorsqu’elle désirait le sentir contre elle, ce qui avait été plus fréquent que cela ne l’aurait dû. La rancoeur s’était envolée aussi vite qu’elle était venue, et n’était plus désormais qu’un vague et mauvais souvenir. Ils avaient déjà perdu suffisamment de temps loin de l’autre et il était probable pour la jeune femme que la magie de ces retrouvailles ne durerait pas. Mais elle ne devait se rendre malheureuse par de telles pensées, du moins, pas encore.
Là, blottie dans ses bras, elle se sentit envahie par un sentiment de sécurité qu’elle n’avait plus éprouvé depuis bien trop longtemps, comme si rien ni personne ne pouvait l’atteindre et la blesser. Sentir la chaleur de ses bras autour d’elle, de sa tête contre son épaule l’emplit d’un sentiment de plénitude totale. Elle aurait voulu demeurer dans cette position et ne plus jamais bouger. Elle désirait comme lui, que cela dure toujours et qu’enfin ils puissent être ensemble sans que nul n’ait le droit de le leur reprocher. Mais il insistait, malgré tout, et cela lui donnait envie d’y croire malgré tout, alors même qu’elle s’était jurée de ne pas se permettre de s’illusionner de faux espoirs. Sans changer de position, elle tourna la tête afin de pouvoir observer son visage, ses yeux et un sourire se dessina sur ses lèvres. « Moi non plus je ne pourrais vivre sans vous une fois encore, je le sais à présent, plus que jamais. Mais j’ai bien peur que le reste du monde ne se ligue contre nous... » Elle se sentait plus proche de lui que jamais. Ils étaient comme dans une bulle, un univers qui n’appartenait qu’à eux.

Malheureusement, le monde extérieur se rappela à eux bien trop rapidement à son goût. Sans prévenir, la porte s’ouvrit à la volée, laissant paraître... Lady Emily ! D’un bond, Virginia s’arracha de la douce étreinte de Charles et se redressa, faisant face à la jeune femme, pâle comme un linge. « Ma Lady, je peux tout vous expliquer... » Quelle explication allait-elle donc pouvoir bien donner? Elle n’en avait pas la moindre idée, la panique ayant pris le pas sur tout le reste. Quelques secondes plus tôt, elle nageait dans un véritable bonheur, mais à présent, une sensation de froid l’envahit. Elle n’avait pas réfléchi à sa conduite, même si elle ne parvenait pas à la regretter. A présent, qu’allait-il lui arriver? Serait-elle renvoyée? Pourtant, la jeune Lady ne semblait ni choquée, ni en colère. Au lieu des remontrances auxquelles elle s’attendait, la jeune femme les prévint que ses parents entraient. Si Lord et Lady Montgomery la voyaient ainsi, la robe froissée et aussi troublée qu’elle l’était, il était fort probable qu’ils ne tarderaient pas à deviner qu’elle s’était bien mal conduite. « Bien sûr ma Lady, je vais me retirer. » Elle se tourna alors vers Charles. Elle aurait aimé avoir un geste tendre à son égard, mais Emily en avait déjà suffisamment vu. Elle espéra que son regard exprimait tout ce qu’elle ne pouvait dire, ou faire. Elle se rapprocha de lui afin de lui murmurer quelques dernières paroles. « Je vous écrirai très bientôt. » Puis, elle s’inclina face à la jeune Lady avant de quitter la pièce, juste à temps pour ne pas être aperçue par ses parents.
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MessageSujet: Re: ❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞ Virginia , Emily   Mar 21 Aoû - 8:51

❝ La beauté est vérité, la vérité beauté.❞

VIRGINIA&CHARLES&EMILYϟCharles n’avait nulle envie de bouger. Il se sentait parfaitement à l’aise en compagnie de Virginia. Il adorait toujours autant cette proximité, il se demandait même par quel moyen il avait réussi à vivre sans elle aux cours de ses années. Il n’avait tout simplement pas eu le choix. Il n’avait pas pu faire autrement. S’il avait eu le choix il aurait surement choisi de la prendre avec lui, mais tout avait finalement joué contre lui. L’homme désirait prolonger ce moment, pas uniquement pour une brève journée mais pour une vie entière. Il ne savait pas le temps que dieu lui accorderait pour vivre, comment pouvait-il le savoir ? Mais il voulait vivre ce temps en sa compagnie et non sans elle, plus maintenant. Alors oui il allait en avant de problèmes mais Charles avait toujours été dans ce genre de situation.
L’homme restait silencieux, immobile, il profitait du moment. Doucement il lui sembla que les secondes ralentir pour prolonger leur moment. Il finit par oublier le son régulier de l’horloge jusqu’à réussir à se concentrer sur le battement vif mais régulier de son cœur. Elle était surement aussi folle que lui mais cela semblait finalement les arranger tout deux. Il n’aurait jamais pensé à une telle fin et pourtant la seule chose qu’il désirait désormais c’était de la prendre par la main et de l’amener loin d’ici dans un monde où ils seraient seuls, complètement seuls et libres de vivre comme ils le désiraient. Une vie où chacune de leurs actions ne seraient pas remise en questions par des convenances.
Non il n’était pas décidé à abandonner si vite. Il aurait aimé lui répondre qu’il était prêt à faire face au monde, il en serait capable si elle se tenait à ses côtés, mais elle le pourrait-elle ? Il espérait que se soit le cas. Dans le fond, il savait qu’elle en avait le courage, l’énergie. Charles savait que dans ce monde il suffit d’être assez riche pour être respecté. Si son investissement continuait à fonctionner, il serait bientôt assez riche pour faire taire les mauvaises langues. Cependant sa cousine arriva en trompe. Charles se leva rapidement, assez honteux à vrai dire. Pour autant, et aussi mal perçu que cela puisse être, il ne lâcha pas Virginia du regard jusqu’à ce qu’elle prenne congés. Il dut alors faire face à sa cousine, mais le sourire dessinait sur son visage lui fit comprendre qu’il ne risquait rien venant d’elle. Au contraire, il était surement en face de sa meilleure alliée. Lady Thornton fut des plus surprises mais aussi des plus ravies… Elle semblait d’ailleurs désirer que Charles se fiance avec sa fille, mais celle-ci semblait avoir plus d’un tour dans son sac pour que Charles puisse continuer à vivre sans devoir se préoccuper d’un mariage dont il n’avait aucune envie. Il arriva donc après quelques sueurs froides à glisser son adresse à sa cousine. Celle-ci lui promit de la faire parvenir à sa gouvernante. C’est donc avec cet espoir qu’il quitta la demeure des Montgomery.


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