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 A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.

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MessageSujet: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Ven 17 Aoû - 14:23

Mary Margaret & Bartholomew


Quand j’étais plus jeune, que je devais me lever aux aurores afin d’aller aider mon père dans les champs en compagnie de William, je me disais qu’un jour viendrais, et que ce jour-là, je n’aurais plus besoin de me lever dès l’aube, que je pourrais faire comme bon me semblais. Mais la réalité est tout autre, semblant vouloir nous rappeler que nous ne sommes maitres de rien, simplement sujet à suivre ce que l’on nous ordonne insidieusement de faire. Les habitudes disent les uns, alors que les autres parlent d’une volonté divine qui ne souhaite pas nous laisser patauger dans notre propre paresse.
Quant à moi je ne sais quoi en penser. Mon esprit étant bien trop accaparé par de sombres idées que je ne devrais pas avoir. Je tente bien de chasser ces rêveries qui me mettent en des positions bien contrariantes en compagnie de cette jeune fille. Celle-là même que je n’ai rencontré qu’une seule et unique fois. Celle-là même qui hante le moindre recoin de ma tête. Celle que j’imagine en chacune des femmes que je croise, mais aucune ne lui ressemble, aucune n’est vraiment elle… Et j’ose penser qu’elle n’était rien d’autre qu’une nymphe fantasmée par un esprit épuisé.

Je suis las. Terriblement las au creux de mon lit. Ce lit que je quitte à regret. Le sommeil ne viendra plus me cueillir alors que je baigne dans la lumière naissante du soleil qui s’échappe de derrière ces épais rideaux. Elle m’épuise. Tout m’épuise à force de penser à elle, je n’ai qu’un nom à la bouche, et ne m’inquiète pas d’ennuyer cette compagnie que je ne recherche pas à force de leur parler d’elle. Je m’enfonce dans cet amour totalement absurde. Je m’enfonce dans cette idée de futur que je m’imagine bien concrétisé avec elle. Puis je me reprends, je me dis que ce ne sont là que des fadaises. Je danse d’un pied sur l’autre, me faisant souffrir pour l’image d’une jeune fille virginale.
Alors il me fait de l’air. Un peu d’air frais afin de refroidir mes ardeurs irréalisables. Une grande bouffée d’air frais pour calmé cet esprit qui bouillonne. Je ne me suis jamais senti autant à la merci de mes sentiments. Je ne me suis jamais senti aussi frêle, aussi faible. Je longe les couloirs, me raccrochant de ci de là à quelques meubles. Mon cœur. Mon corps. Tout me fait mal. Ce n’est pourtant pas une première. Je suis malade d’amour. Et tellement affligé par mon propre comportement, comment puis-je encore me regarder en face ?!
Ce n’est pas digne d’un gentilhomme. Aimer, ce n’est pas ce dont les hommes que j’ai rencontré durant ces horribles soirées mondaines m’ont parlé. Eux qui se marient plus par mariage de convenances et d’argents. Voudrais-je ressembler à ces hommes ?! Voudrais-je me lancer dans ce genre de futur hasardeux sans amours, sans envies, alors que je me prouve chaque jour et chaque nuit que je suis bien capable de sentiments ardents. Fulgurants. Mais surtout entêtants. Je suis fatigué de ces questions. Epuisé de ne pas leur trouver de réponses.

Il est grand temps de quitter cet attirail de châtelain, ou d’aristocrate que je ne suis pas. Nulle besoin de qui que ce soit pour m’habiller, pas non plus besoin de qui que ce soit pour me servir un café ou bien même un thé. Je me laisse tenter par les biscuits que je trouve, et en empoche quelques un avant de sortir sans avoir croisé qui que ce soit. Il est peut-être encore un peu tôt, et les femmes de chambre comme mon intendant, doivent encore être en train de s’affairer dans leurs propres appartements pour s’occuper de moi. Grand bien leur fasse, moi, en attendant, je m’échappe. M’effaçant de ces lieux avec pour seule compagnie un cheval. Mon cheval.
Vous savez un de ces grands chevaux allemands au nom à rallonge. Un achat un peu particulier qui me tint à cœur alors que je croisais la bête lors d’une vente hippique. Une bête magnifique à la robe entièrement noire. Un coup de tête ni plus ni moins, une bêtise dirais-je… Mais n’en faut-il pas parfois pour savoir gouter à certains plaisirs ? Qu’importe, il restait mon cheval. Fier. Musculeux. Mais néanmoins d’une douceur innée, et d’une nervosité toutefois bien présente, si bien qu’une simple pression suffit à le faire partir.
Sentait-il ma volonté d’aller vite. De me confronter à autres choses qu’à mes pensées ?! Je n’en sais rien, mais on raconte que les chevaux sont capables de lire en leur cavalier. Alors pourquoi pas. Pourquoi n’aurait-il pas tout donné pour que j’oublie. Pour que l’espace d’un instant je libère mon esprit de cette douce obsession qui me prenait à présent depuis de trop nombreux jours.

Puis soudain tout s’arrête. Je tire sur les rênes. Ma monture renâcle, mais cesse dans les secondes à venir son galop endiablé au travers de ces bois. Je saute de ma scelle, me donnant la peine d’attacher ces rênes à une branche… Sachant pour autant qu’il est bien inutile d’agir ainsi. Je sors du sentier, descendant un peu plus profondément dans les bois, me laissant guider par le son de la rivière qui s’écoule un peu plus bas. Il me faut me rafraichir, les idées, le visage, que sais-je encore. Je ne pars pas longtemps, juste l’espace d’une seconde, juste assez, pour plonger mes mains dans l’eau tranquille. Je laisse couler l’eau sur mon visage. Je ne me sens pas mieux.
C’est un peu comme s’il me manquait quelque chose. Non, il me manque quelque chose. Ca ne vient pas par à-coup, ça n’est pas quelque chose que je peux contrôler, c’est une sensation constante. Alors j’abandonne en poussant un profond soupir. Peut-être faudrait-il que je prenne la lourde décision de la rechercher, et de la retrouver. Peut-être que simplement la revoir m’aiderait à me sentir mieux. L’espace d’un instant. L’espace d’un moment. Alors sur ce je remonte, gravissant la bute qui me sépare de mon cheval, dont je distingue après quelques pas les sabots, et une paire de chaussure accompagné de jupons. Je ne m’interroge pas longtemps sur cette présence, et bientôt, je sens mon cœur bondir dans ma poitrine. Cela me parait presque être de l’ordre du rêve. Serais-je encore en train de dormir ?!


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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Ven 17 Aoû - 15:02



À l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.


Les couleurs paraissent si vives et pourtant si réelle. Je me vois courir, mais pourtant je sens que mon corps ne bouge pas. Je m'arrête, tout du moins, c'est l'impression qu'il me reste. « Mary », ce n'est d'abord qu'un murmure qui plane entre les arbres et c'est de plus en plus fort, de plus en plus proche. « Mary ». J'ai l'impression de tomber dans le vide, je ne sais pas si vous voyez de quoi je parle. Cette sensation que le sol se dérobe d'un coup sous vos pieds et que vous vous réveillez avec soulagement ? Oui, vous voyez ? Et bien je ne me sentais pas soulager, comme si j'avais voulu tomber dans ce vide continuellement, m'y abandonner à jamais. Peut-être qu'il y aurait quelque chose après, quelque chose ou quelqu'un. « Mary, levez-vous, je vous rappelle que vous avez une visite aujourd'hui. » C'était Amy, ma cousine, elle avait ouvert gentiment les volets. Je revenais soudainement à la réalité. Elle se posa à côté de moi et me toucha le visage. « Je vais bien Amy, je vous assure. » elle s'était relevée avant d'ajouter « Ce sera au médecin de nous le dire. » Un petit-déjeuner me fut servis, du thé, des tartines, un verre de jus d'orange et un petit pot avec du chocolat fondu. J'adorais cela. Je me levais enfin, il fallait que je me lave avant de recevoir le docteur, une fois fait, j'enfilais une nouvelle robe de chambre d'un blanc immaculé qui sentait la lavande. Le Docteur arrive enfin. Il me posa des questions sur différents sujets, puis il me prit le pouls. « Vous n'êtes pas au mieux de votre forme Lady Howard. Vous êtes nerveuse, peut-être devriez-vous sortir dans un endroit calme ce jourd'hui. » J'acquiesçais. Nerveuse, moi ? Non, hantée. Par lui. Son souvenir. Son visage. Ses mots. Son sourire. Ses gestes. Ses yeux. Tout, absolument tout me ramenait à lui et pourtant, jamais il n'était là. « Mary », je fus surprise. « Vous devriez aller à la rivière, suivre le conseil du médecin. Nous vous avons fait préparer un panier de provision. » Je remerciais ma tante et partais enfin, loin de la maison, loin de l'agitation du centre-ville. J'avançais vers la rivière, je voulais m'asseoir le long de son lit et lire, arrêter de penser à cet homme, refouler mes sentiments pour ressentir ceux de mon héroïne.
Alors que je quittais le sentier, je découvrais un cheval. Je regardais dans mon petit panier si je n'avais pas une pomme, oui, ma tante avait pensé à cela. Je la sortais et tendait celle-ci vers l'animal. Il tourna sa tête vers moi et humecta l'odeur. Il s'ébroua et avança. Je posais ma main sur ses naseaux. Il était doux et calme, il paraissait pourtant être un animal au sang chaud.
Je posais mon panier avant de glisser ma main dans sa crinière et de descendre sur son encolure. Il me poussait gentiment avec sa joue. Mes mains se posèrent sur sa scelle, elle était en cuir plutôt doux et souple. Je continuais de m'émerveillais sur cette bête et si elle avait réussi à me faire oublier, durant un instant, l'homme qui hantait mes songes, le destin décida de me le renvoyer. J'entendis des pas derrière moi, je fermais les yeux et soufflait, comme pour me donner du courage. Je me retournais alors. Ce fut comme une claque en pleine figure, un retour de flamme, et pourtant j'en redemandais. Gifle-moi encore Amy, ma chère cousine réveille-moi puisque ce ne peut être qu'un rêve. Un rêve fou et absurde. L'amour, je n'en veux pas. Ce n'est pas pour moi, ce n'est pas pour une malade comme moi. À quoi cela rimerait ? Non, je n'ai le droit à l'amour que dans mes rêves ou dans mes livres d'histoires. Dois-je croire encore que je suis endormie pour m'abandonner une nouvelle fois à ce déferlement d'émotions ou dois-je reprendre le dessus et ouvrir les yeux, fermer mon coeur ? Je n'osais parler, ayant peur de briser ce silence qui s'était installé entre nous. Quatre, peut-être cinq pas nous séparaient... J'avais envie d'en faire qu'une bouchée. Je me sentais défaillir, un tournis me prit, je luttais pour n'en rien paraître, mais mes mains tremblaient, elles tremblaient tellement que je dus les lier pour que cela cesse.




Dernière édition par Mary Margaret W. Howard le Sam 18 Aoû - 13:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Ven 17 Aoû - 17:46

Mary Margaret & Bartholomew


De la joie ? Non. C’était bien plus fort que ça. Je pouvais sentir mon cœur faire des sauts de cabri dans ma poitrine. Horriblement douloureux. Le genre situation où vous avez alors l’impression que votre cœur veut s’extirper de votre poitrine, passer au travers de votre cage thoracique sans aucune anesthésie. Sans que vous n’y soyez préparé. C’est violent. Irrépréhensible. L’amour c’est douloureux. Une brulure du corps et du corps, quelque chose qui vous fait vous sentir mal et bien à la fois, qui vous fait douter de vous alors que vous ne devriez pas. On perd pied pour pas grand-chose. On manque de s’étaler sur le sol parce que, s’il n’y avait pas cette douleur, on planerait littéralement.

Alors, oui, je l’avoue. Au travers des halos de lumières qui ont réussi à traverser les denses feuillages de ce bois, je la trouvais magnifique. Elle ressemblait à ces créatures divines ou mystiques dont on parle dans les livres. Dans sa robe blanche, elle m’arrachait presque toute retenue, faisant battre mon cœur à des rythmes dont je ne le l’aurais pas cru capable. Ma respiration s’accélérant, tentant de calmer cet esprit qui s’échauffe. Il me faut sortir de cette vilaine rêverie qui me fait tant souffrir. Sans le vouloir. Sans le pressentir, je me mords la lèvre. Geste salutaire, mais tellement inutile. Comment pourrait-il me faire sortir d’un rêve qui n’en est pas un.
C’est pas un soupire que j’accueillais la nouvelle. Soulagement ou désespoir je n’aurais pas su le dire. Peut-être un peu des deux. Heureux et soulagé que de la savoir réel. Pas une vision fantasque fabriquée de toutes pièces par mon esprit qui serait devenu malade. Et pourtant tellement désespère face à cette femme que je ne pouvais toucher. Que je ne pouvais aimer alors que tout mon corps me hurlait de me rapprocher d’elle. Je détournais le regard, les joues rosies par cet aveux que je venais de me faire à moi-même, empourprés par ces envies qui ne devaient être révéler.

« Bonjour Miss. Howard. ». Fut la seule chose que je pus correctement articuler, aussi bien dans mon esprit que dans la réalité. C’était devenu en l’espace de quelques jours si difficile de lui parler. Où était donc passé cette magnifique entente dont nous avions pu être les témoins privilégiés ?! Envolée. Remplacée par une espèce de gêne qui me tenait aux tripes. Je n’étais pas beaucoup mieux qu’un simple nigaud, un pauvre nigaud, et il fallait que je me reprenne. Nouvelle inspiration. Longue expiration, puis je prends enfin le parti de faire quelque pas vers elle, cessant ainsi de la regarder comme un phénomène de foire ou je ne sais quoi d’autre.
Je pouvais enfin la voir de plein pied. Tremblante. Fragile. Si frêle. Tout en elle me donne cette envie, incroyable de la serrer dans mes bras. De vouloir guérir ses peines ainsi que ces angoisses. J’en suis fous amoureux. « J’espère que je ne vous ais pas surpris. » Je posais la question sans pour autant la quitter des yeux, m’avouant néanmoins une monté de jalousie. Jaloux d’un cheval. Et tellement envieux, ce que j’aurais aimé pouvoir gouter au caresse qu’elle pouvait lui donner, j’aurais aimé pouvoir me rapprocher d’elle, sentir sa chaleur se mélanger à la mienne. La sentir tout contre moi, tout comme cette créature qui semblait s’amuser à me torturer.

« Je vois que mon cheval vous plait. ». Il n’a que trop l’air de lui plaire, si seulement je pouvais la captiver tout autant que cette monture. Si seulement elle pouvait être consciente de l’amour qui me dévore. Tant de choses, trop de choses, je repars dans un sombre tournant qui me fait mal. Alors je ferme les yeux un instant, avant de détourner le regard, et me rapprocher de l’animal que je caresse avec autant de douceur que ma frustration me le permet. Je peux sentir sa présence, mais elle me semble pourtant tellement loin, alors que deux petits pas me permettraient alors d’être tout contre elle.
Mais il ne faut pas. C’est contre les convenances. Nous le savons tous, aller contre les convenances vous met dans une position délicate, et plus que moi, c’était surtout elle qui allait en pâtir. Les femmes ayant un statut des plus étranges dans notre société. Je ne sais pas vraiment comment agir, les longues années passées aux Etats-Unis m’ayant appris bien des choses mais que trop au sujet de la gente féminine. Qui plus est au sujet des jeunes femmes anglaises…
Pourtant, sans réfléchir, sans aucun bon sens, je me plante face à elle, souriant. « Peut-être souhaiteriez-vous le monter ?! ». L’aider à monter, saisir sa main pour la faire redescendre. La rendre heureuse l’espace d’un instant… C’était si contradictoire avec ma précédente jalousie envers ce cheval. Oui. Mais que dire… Je n’étais pas un exemple de constance… Elle me faisait perdre pied. Elle. Cette jeune femme aux allures si fragiles me brisait en mille morceaux comme un véritable colosse aux pieds d’argiles.


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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Ven 17 Aoû - 18:46



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>Ce regard, était-ce mon esprit qui me jouait des tours ? Oui, cela devait être mon esprit. Mais voilà que ses joues s'empourpraient... Ce devait-être mon regard trop insistant. Oh mon dieux, j'étais inconvenante. Je levais les yeux au ciel, triturant mes mains. Je me souvenais alors de ce que ma mère avait tendance à me dire « Ce ne sont pas les manières d'une Lady ! », au diable les manières ! Non, pas au diable. Je devais passer pour une folle, sans le vouloir, j'avais de petits soubresaut. « Bonjour Miss. Howard » Je sortais dans cette semi-absence. Miss ? J'étais une Lady, certainement pas une Miss ! J'allais le lui dire lorsque je me ravisais, mais qu'est-ce qu'il me prenait. Pourquoi tout était si contradictoire ? Tentant de retrouver une voix dénuée de vibration dût à mon stress constant, je lui répondais. « Bonjour Mister Aubray » Est-ce que je devais rajouter quelque chose ? Peut-être lui demandait comment il se portait depuis la dernière fois que nous nous étions vu au bord de cette rivière où nous avions discuté sans se soucier du reste du monde ou de l'heure. Je me secouais intérieurement pour lui poser la question, mais il m'interrompit dans mon élan. « J'espère que je ne vous ais pas surpris. » ''Si, mais surprenez-moi encore'', m'étais-je surprise à penser. Je n'avais pas fait attention, mais il était plus près encore. « Un peu, je dois l'avouer Monsieur. » Je pourrais peut-être faire passer mes tremblements pour de la surprise et non pour un émoi intérieur. Je sens son parfum, il me fait tourner la tête, c'est masculin, mais tellement subtil. Je devrais me rapprocher, pourtant la bienséance me l'interdit, ce qui s'en suivrait serait terrible, déjà que la situation n'était pas bien correcte, je n'aurais pas dû être seule en présence d'un homme. Je gardais ma main crispée sur la scelle. « Je vois que mon cheval vous plait. » ''Certes, mais pas autant que vous...'' j'avais envie de me taper sur la tête, au lieu de cela je me mordais la langue, peut-être un peu trop violemment, j'avais mal. « C'est un bel animal, je ne savais qu'il vous appartenait, vous ne m'en avez pas parlé la dernière fois que nous nous sommes vus. » Je repensais à cette fois-là et je me rendais compte que j'avais accaparé la conversation, presque un monologue, cela avait dû être horrible.
Je sursautais, que faisait-il ? Il s'était approché de moi, encore plus proche que je ne l'avais espéré. Il ne paraissait pas idiot pourtant. Je regardais autour de moi, constatant que nous étions seuls. « Peut-être souhaiteriez-vous le monter ?! » Je souriais. J'adorais les chevaux, depuis toute petite, j'avais déjà monté quelques poneys dans mon enfance. Ce n'était qu'en arrivant à Histon que j'avais pu monter un véritable cheval, mais rien n'égalait celui-ci, j'en étais certaine. Fallait-il pousser encore plus loin, un vice, une envie, que sais-je encore, mais j'avais envie qu'il m'aide à monter et pire encore, qu'il se place juste derrière-moi, comme si c'était la première fois que je montais un cheval. « Si vous voulez bien m'aider à me mettre en scelle, ce serait un véritable plaisir de faire quelques pas. » J'hésitais un moment, oui, je voulais ce contact contre moi, je voulais sentir son souffle sur ma nuque alors que le cheval ferait quelques pas. Je voulais qu'il me confie les reines avant de prendre mes mains dans les siennes afin de garder un tant soit peu de contrôle...
Menteuse, je mordais la langue d'avance, j'allais pêcher, pour la première fois de ma vie, accepterait-il ? Je me lançais. « Je dois vous avouer Monsieur que je n'ai jamais monté un cheval de ma vie. » Comprendrait-il mon invitation, si inconvenable soit-elle ?




Dernière édition par Mary Margaret W. Howard le Sam 18 Aoû - 10:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Ven 17 Aoû - 20:34

Mary Margaret & Bartholomew


Je ne sais comment réagir, je n’ose même plus la regarder de peur de succomber à ce désir qui me hante. Menaçant à chaque instant de me dépasser, de me subjuguer. J’arrive encore à m’interdire de la regarder, je sais encore où se trouve les limites à ne pas dépasser, mais pour combien de temps encore ?! Combien de temps me reste t’il avant de me transformer en ce loup affamé de cette femme ?! Je l’ignore. J’ignore jusqu’à ce qu’elle peut penser, je n’ai jamais été très doué pour lire entre les lignes.
Néanmoins, je me sens terriblement partagé. Partagé par l’envie subite que j’ai eu de la voir monter ce cheval, cet animal que m’appartient à moi et à moi seul. La voir partager un peu de ma vie, s’en extasier, et lui donner l’envie de se rapprocher moi. Uniquement de moi. Et l’envie qu’elle refuse, qu’elle prenne ses jambes à son coup en m’entendant lui demander ça. J’aimerais qu’elle cesse de me regarder avec ces grands yeux de biches qui me donnent envie de la serrer contre moi. J’aimerais qu’elle m’agresse et me traite de mufle, de malavisé, et finalement de vilain personnage.
Mais les mots n’arrivent pas. Comment pourraient-ils arriver alors qu’elle vient de flatter mon cheval. Mon cœur bat la chamade alors qu’elle me rappelle notre première rencontre, me laissant espérer, par le souvenir de ce que j’ai bien pu lui dire, que je l’ai marqué… Ne serait-ce qu’un peu. Un sourire né sur mon visage, je le sens et je ne peux m’en défaire. « Il y a de nombreuses choses que vous ignorez à mon sujet mademoiselle. ». Bien plus qu’elle ne pourrait l’imaginer. Et certainement des choses qu’elle devrait ignorer jusqu’à ce qu’elle prenne un époux.
Mon souffle se coupe alors qu’elle accepte ma demande. Je me retrouve alors coincé. Coincé entre mes désirs, mes envies, et cet accord qu’elle me donne sans vraiment le savoir. C’est mal. Très mal. Les jeunes filles ne doivent pas rester ainsi seules avec des hommes, mais le mal est fait, et je ne me sens pas le courage de revenir en arrière. Comment le pourrais-je alors qu’elle me lance ce regard si envoutant ?! Je me sens faible. Je suis si faible.

« Soit, je vous aiderez à monter. ». Tout en tentant absolument de refréner mes ardeurs. Il le fallait absolument, je ne pouvais en faire autrement. Cela ne se pouvait. Pas ici. Pas comme ça. Pas avec la jeune et belle Mary Margaret Howard. Et pourtant, elle continuait sur sa lancé, me faisant ce curieux aveux qui me troubla. Ne pas savoir monter. Je n’avais jamais appris à monter à qui que ce soit, et ne savais comment m’y prendre. Etait-ce vraiment à moi de lui enseigner l’équitation ?! Je ne savais pas. A dire vrai je ne savais absolument plus rien, elle m’avait perdu… Bien malgré moi.
Je passais une main dans mes cheveux, me donnant alors un peu de temps pour réfléchir. Juste quelques secondes de répits que je pourrais mettre à profit. Juste un petit instant avant de faire un pas vers elle. Un dernier pas qui réduisait dangereusement l’écart qui nous séparait jusque-là. «Bien… ». Etait-ce là, la seule chose que je pouvais dire ?! Mais au diable la bienséance. S’imaginait-elle que cela pouvait être facile pour moi ?! A quoi pouvait-elle penser en voulant absolument monter à cheval sans savoir pour autant le faire. « Dans ce cas, vous allez devoir monter en ma compagnie. ».

Sans attendre sa réponse, comme pour éviter de l’entendre, je chaussais l’étrier et d’un geste vif je prenais place sur le dos du cheval. Pas vraiment sur de moi pour n’avoir jamais fait ça, je me reculais pour venir prendre place juste à l’arrière de la scelle. « Vous pouvez toujours dire non. ». Rajoutais-je, en lui tendant une de mes mains. « Mais si vous voulez toujours monter, je vous promets de garder cet évènement secret. Et au-delà du secret, je vous jure que mes intentions son pures. ». A l’évidence, elles ne l’étaient pas tant que ça.
« Si après ça, vous souhaitez toujours vous joindre à moi, il vous faudra poser votre pied dans l’étrier, et pousser sur votre jambe. Pour le reste je tacherais de vous aider. ». A force de temps, je prenais conscience de l’énorme bêtise que j’étais en train de commettre. Le secret. La bienséance. Tout ça n’était que la surface de l’iceberg, le plus gros problème cela restait moi. Car si elle souhaitait bel et bien continuer l’expérience, j’allais devoir composer avec sa présence bien plus proche qu’elle ne l’avait jamais été. Sa chaleur, se mêlerait bel et bien à la mienne. Je pourrais sentir son parfum… Et je ne savais pas. J’ignorais tout de la réaction que cela provoquerait chez moi.

Mais à l’évidence… Il était trop tard pour pouvoir revenir en arrière.



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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Ven 17 Aoû - 21:49



À l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.


« Soit, je vous aiderais à monter. » Mon coeur battait la chamade. Cela empira quand il s'approcha de moi encore, se passant la main dans les cheveux, ce geste était banal et pourtant il provoquait des choses en moi que je ne comprenais pas, des élans, des ordres que je refusais d'écouter. « Bien... Dans ce cas, vous allez devoir monter en ma compagnie. » Il monta sur son cheval, comme j'avais menti, je voyais à son geste qu'il avait de l'expérience, il devait connaître les chevaux encore mieux que moi. Il se recula légèrement sur la scelle, de quoi me laisser une place convenable. « Vous pouvez toujours dire non. » Il me tendit la main et rajouta « Mais si vous voulez monter, je vous promets de garder cet évènement secret. Et au-delà du secret, je vous jure que mes intentions son pures. Si après ça, vous souhaitez toujours vous joindre à moi, il vous faudra poser votre pied dans l'étrier, et pousser sur votre jambe. Pour le reste je tacherais de vous aider. » Je le savais tout ça, bien entendu que je le savais, j'avais eu un précepteur, un très bon, mais l'entendre de sa bouche, pas vraiment sur de lui-même, ça sonnait différemment. Je décidais de jouer les femmes un peu gauches au moins une fois, pour qu'il ne comprenne pas ma duperie. Est-ce qu'il m'en voudrait si une fois sur la scelle, une fois lancée, je lui disais la vérité ? Je me grondais intérieurement. L'histoire ne m'avait-elle pas appris qu'il y a des choses à ne pas faire ? L'histoire de ma propre tante ne devrait-il pas me suffire pour reculer et prendre mes jambes à mon cou ? Ne jamais le revoir, l'ignorer... Mais la véritable question était de savoir si tout cela me serrait possible. Il était fou de constater que ce n'était que la deuxième fois que je le rencontrais et que je désirais si fort de lui appartenir. Ma mère avait raison, mes lectures étaient mauvaises pour moi. Pourtant l'héroïne de mon livre était une femme forte qui avait tout bafoué pour sauver l'amour de sa vie. Ou encore l'histoire de Jeanne d'Arc... Suis-je la seule à ressentir ce besoin ? Non, Tante Rose l'avait fait, mais grand-père l'avait renié. Je risquais tout pour un homme que j'avais rencontré une fois, il fallait être fou. Que dirait mère ? Et Peter, me soutiendrait-il ? Et Père, j'allais tellement le décevoir. La raison me rattrapait. J’avais déjà mis le pied sur l’étrier quand mon hésitation me frappa en plein vol, mon pied trembla dans l’étrier, ma main n’avait pas totalement pris appui sur la scelle. Je glissais et me rattrapais à ce que je pouvais pour ne pas tomber. Je n’aurais pas mieux fait en faisant semblant. Ma coiffe était tombée, laissant apparaître les mèches rebelles que je n’avais pas réussi à faire rentrer dans mon chignon. Une fois la panique disparut, je me rendais compte que ma main s’était agrippée à son pantalon. Par chance, je ne l’avais pas déchirée, mais si jusqu’alors la situation était rattrapable, à présent elle ne l’était plus. Je venais de le toucher. Mon regard se leva vers son visage. Je lâchais prestement sa jambe et me reculais légèrement. « Veuillez m’excuser Monsieur. » Je me mis à trembler, une sueur froide perla sur mon front. ‘’ Le stress n’est pas bon pour vous ma chère et vous le provoquez.’’ pensais-je. Je me tournais dos à lui et posais ma main sur mon front, je pressais celle-ci légèrement avant de remettre ma coiffe. J’avais subitement soif et les jambes molles. Une crise d’angoisse. Fallait-il qu’elle arrive maintenant ? Fallait-il que mon bonheur soit gâché de nouveaux ? Je ne voulais pas rentrer au domicile, non, je ne voulais pas le perdre une nouvelle fois. « Monsieur, j’aimerais m’asseoir un moment, mais ne partez pas s’il vous plait. »




Dernière édition par Mary Margaret W. Howard le Ven 17 Aoû - 23:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Ven 17 Aoû - 22:56

Mary Margaret & Bartholomew


C’est une situation des plus étrange. De celles que les jeunes ou vieilles filles aiment à lire dans leurs audacieux romans. L’homme est charmant, et elles se laissent emporter par la fougue de la jeunesse. Qu’importe les conséquences, parce que tout le monde le sait, ça n’est pas la réalité, et ces histoires ont toujours tendances à se conclure de la façon la plus favorable. Le si célèbre « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. ». Mais ce genre chose n’arrive pas. Pas dans notre réalité. Toujours l’on se doit de respecter l’autre, on ne se lie pas étroitement, et on en s’approche pas des jeunes filles. Tout ce qu’e j’avais fait durant ce derniers quarts d’heures auraient fait pâlir toutes les femmes d’Histon, jeunes ou vieilles. Tout ce que je faisais encore à présent, risquait à tout moment de faire de cette jeune fille une pauvre victime des convenances.
Avions nous pour autant fait quelque chose de mal ? Je ne l’avais alors jusque-là absolument pas touché, pas même effleuré. Je me contentais de la regarder, ronger par la folie de cet amour insensé qui me faisait autant de mal que de bien. Que faire ? Comment réagir ? Devais-je continuer sur cette route sinueuse et obscure ?! Etait-ce la meilleure solution ? Bien évidemment que non. Nous devions immédiatement faire cesser cette situation avant que tout ne bascule. Elle devait rester aussi innocente que possible, garder sa candeur, et sa naïveté, pas finir entre les bras d’un homme tel que moi. Un vulgaire… Homme tel que moi. Incapable de contrôler ces quelques sentiments. Incapable de lui résister.
Pourtant je continuais ainsi, je ne bougeais pas plus de ma scelle et continuait à lui tendre une main secourable. Je n’avais pas la force de renoncer à cette proximité naissante. Alors je la regardais, un air quelque peu hésitant. Pas vraiment sûr de moi. Je l’admirais se démener avec sa robe, l’étrier… Jusqu’à ce que tout bascule.

Je pouvais suivre la scène en hauteur, sans pour autant pouvoir y faire grand-chose. Que s’était-il passé ? Je n’en avais pas la moindre idée, bien trop absorbé par mes propres pensées, j’en avais presque oublié qu’elle était novice dans l’art de monter à cheval. Les étriers étaient traitres, même avec les personnes expérimentées ils pouvaient s’avérer parfaitement incommodant. Je tentais de l’aider à se redresser, mais trouvait un appui des plus étranges. Il n’y avait pas lieu de la blâmer alors qu’elle s’était raccrocher au tissus de mon pantalon, alors que je maintenais fermement les rênes du cheval afin de le garder aussi calme que possible alors que les gestes de la jeune fille avait tout d’effrayant pour la bête.
L’équilibre rétabli. Elle sembla prendre conscience de la situation. Et moi je n’en comprenais pas la moitié. Je la regardais agir ainsi, me demandant ce que je devais faire. Elle était blanche comme un linge, et l’envie de la serrer dans mes bras se faisait de plus en plus ressentir. Toujours et encore cette envie de vouloir la protéger, de la tenir tout contre moi, de lui faire comprendre qu’elle n’avait plus rien à craindre. Mais était-ce pour autant vrai ? Etais ce vraiment possible ?! Je pouvais toujours l’espérer.

Peu importait. Aussi important que la situation pouvait être. Aussi critiques soient-ils. Je n’avais pas l’intention de la laisser partir comme elle était arrivée. Je n’avais pas envie de la voir disparaitre, et je ne me sentais pas la force de devoir l’attendre encore, jusqu’à ce que le destin prenne la difficile décision de la remettre sur ma route. Alors je posais pied à terre, rattrapant la coiffe qu’elle avait fait tomber alors qu’elle avait perdu l’équilibre. Je l’époussetais sans grand succès, elle avait perdu de sa splendeur dans la chute et la terre la maculait à présent. Devais-je la lui rendre ?! Devais-je m’approcher d’elle, alors qu’enfin le fossé s’était recreusé entre nous ?!
Mieux valait garder ses distances. La regarder de loin comme je devais le faire. Comme tout homme devait le faire vis-à-vis de toutes les femmes de la société. « Ce n’est pas grave. ». Absolument pas grave. C’était même une véritable bénédiction. « Et ne vous inquiétez pas. Je ne compte pas m’enfuir et vous laisser seule alors que vous êtes au plus mal. ». A savoir, que je ne l’aurais pas fait pour tout le monde, j’avais beau être gentil, je ne l’étais pas avec tout le monde. Mais je souhaitais absolument l’être avec elle. Elle qui avait illuminé un pan de ma vie dont j’ignorais l’existence. Elle qui me faisait mal par sa présence, et qu’un seul de ses mot, un seul accord aussi inconvenant puisse t’il être aurait suffi à me libérer de cette souffrance.
« Si vous le souhaitez, je peux vous raccompagner jusqu’à chez vous. Bien que ma demeure ne se trouve non loin d’ici, je crains qu’il soit absolument inconvenant de vous y mener. ». Et la ramener chez elle, ne pouvait pas des mieux passer, je n’étais connu dans la région que pour mon voyage aux Amériques, et rien que cela laissait à penser à la population locale que j’avais trempé quelque peu dans la débauche… Alors que ça n’était absolument pas le cas, mais pour le savoir il fallait encore faire l’effort de me parler, ou bien de me donner l’envie de répondre.

« J’ai… J’ai votre chapeau. ». Rajoutais-je quelque peu hésitant, comme si cette évidence allait arranger les choses. Comme s’il suffisait de sortir une banalité pour que tout reprenne le cours des choses. Comme si tout pouvait reprendre comme nous l’avions laissé lors de notre première rencontre. Mais c’était impossible. Il n’était pas possible de revenir en arrière. Pas possible d’oublier ce genre de sentiments qui me ronger, et je gardais ainsi mes distances tout en tenant sa coiffe entre mes mains. Retenant ce geste inopportun qui me venait à l’esprit, alors que je souhaitais en aspirer tout le parfum. Sentir sa présence au travers de son vêtement. C’était absolument idiot. J’étais un véritable idiot.


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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Ven 17 Aoû - 23:58



À l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.


Il était descendu de son cheval et avait récupéré ma coiffe, il tentait de l'épousseter avant d'ajouter « Ce n'est pas grave. Et ne vous inquiétez pas. Je ne compte pas m'enfuir et vous laisser seule alors que vous êtes au plus mal. » Je m'asseyais alors, mes jambes ne me tenant plus. Contrôler sa respiration comme le médecin me l'avait montré. « Si vous le souhaitez, je peux vous raccompagner jusqu'à chez vous. Bien que ma demeure ne se trouve non loin d'ici, je crains qu'il soit absolument inconvenant de vous y mener. » la panique encore présente trahis alors ma voix, j'étranglais un non dans la peur, soudain, presque trop rapide pour une réponse qui se voulait normal. Alors que je reprenais mes exercices de respirations, il ajouta « J'ai... J'ai votre chapeau. » d'un ton hésitant, il m'ému, au-delà des sentiments et de la passion que j'avais ressentie jusque-là, il venait de m'achever. Le même ton qu'un enfant qui aurait eu peur d'avoir fait une bêtise. Oui, il venait de m'achever avec l'expression de ses yeux, ses yeux d'un bleu si magnifique qui n'avait rien à envier au ciel. En pensant à lui, sans le regarder vraiment, j'énumérais les choses qui me plaisaient chez lui pour être certaine que je ne perdais pas la tête et que j'étais consciente, que ces choses que j'aimais, seraient de bonnes raisons pour continuer sur ce chemin-là. J'avais retrouvé mon calme, du moins à l'intérieur puisque je continuais de trembler et que je sentais mes genoux encore trop faibles pour me soutenir. « J'aimerais rester encore, si je rentrais dans cet état, je n'aurais plus la possibilité de sortir avant quelques jours, peut-être quelques semaines. » Je faisais l'effort de me lever. Je devais boire et il y avait une bouteille dans le panier. « Voulez-vous de l'eau, après toute cette agitation ? » Sourire, il fallait sourire. Il s'afficha sur mon visage, plus facilement que je ne l'avais pensé. Je récupérais le panier et me plantais devant lui. « Marchons, cela sera plus simple et plus ... convenable ... » Oui, ce serait plus convenable, je n'en avais pas envie, mais il fallait s'y résoudre. Peut-être que nous pourrions trouver un endroit plus isolé où il serait plus facile d'être soit. Je le regardais trituré mon chapeau, cela m'amusait, il semblait fragile tout d'un coup. « S'il vous plait, ne l'abîmez pas, c'est un cadeau de ma mère. » Je passais devant, je ne marchais pas aussi vite que d'habitude, il n'aurait pas le choix de me suivre. Si, il l'avait, mais quelque chose me disait qu'il me suivrait. Après avoir marché le long de la rive, je trouvais un endroit à l'ombre des arbres. Je posais mon petit panier et me tournait vers lui. « La dernière fois, j'ai accaparé la conversation. J'aimerais aujourd'hui que vous me parliez de vous. Si vous le voulez bien. » Tout le monde avait une histoire et il n'échappait pas à la règle. Si je ne me souvenais plus de ce dont je lui avais parlé, je savais que j'étais restée secrète à ce sujet.


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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Sam 18 Aoû - 7:28

Mary Margaret & Bartholomew


La situation n’est pas simple, et le dilemme s’avère cruel. Comment devrais-je choisir ? Que devrais-je faire ? J’aimerais un peu d’aide. Juste un peu d’aide afin de me sortir de cette situation. Pour éteindre ce feu inextinguible qui me brule de l’intérieur. Je souhaiterais tant pouvoir chasser ces envies impures qui me traversent l’esprit à chaque fois que je pose mes yeux sur elle. Elle. Si belle. Si pure. Si gentille. Comment pourrais-je lui faire ça ?! Elle me fait me sentir coupable à cause de ces violents sentiments qui m’assaillent. Devrais-je vraiment me sentir fautif pour ça ?! A dire vrai, je n’en ai pas la moindre idée, mais j’ose imaginer que si des règles de bienséances avaient été mises en place c’est bien pour limiter ce genre de situation. « Je peux comprendre leur volonté de vous garder en bonne santé. ». Il y avait d’ailleurs fort à penser que si elle venait à disparaitre j’aurais beaucoup de mal à m’en remettre… Pour ne pas dire que je ne m’en remettrais pas. Signe de la violente passion qui me dévorait.
Tout en elle était un supplice que je tentais de chasser en caressant du bout des doigts la coiffe qu’elle avait perdu. Je la regardais boire, la trouvant belle même dans ce geste. Je ne frôlais pas la stupidité, c’était juste de la pure idiotie… Comment pouvait-on trouver quelqu’un magnifique dans des gestes aussi anodins ? Elle m’avait tout bonnement ensorcelé, et moi, je ne pouvais plus faire marche arrière. Il m’était désormais inconcevable que de la quitter, impensable que de la voir ailleurs que près de moi, mais il fallait tout de même que je me rende à l’évidence : a un moment où à un autre, il faudrait qu’elle parte. Quelle rentre chez elle, me laissant alors seul avec mon amour et ma culpabilité.
« Vous promener en ma compagnie sans chaperon vous place bien au-delà des convenances. ». Tentais-je avec lucidité mais néanmoins un peu d’humour. Mais dans un sens, elle avait parfaitement raison, il me fallait marcher un peu, respirer de grandes bouffées d’air, et calmer mon esprit. Je fermais alors les yeux, tournais la tête et poussait un long soupir avant de prendre une grande inspiration. Il fallait me résigner. Mettre une croix sur l’idée que je pourrais la toucher, la sentir. Se plier aux règles, sans perdre de vu que c’était assurément la meilleure chose à faire.

Mais tout cela était bien plus simple à dire et à planifier qu’à faire. Mon cœur battait la chamade rien qu’en la regardant. Je n’avais toujours pas retrouvé le courage de me rapprocher d’elle, ni de vraiment la regarder en face. Je fuyais. Battais en retraite et tentais pas tous les moyens possible de contraindre son image à quitter mon esprit. « Je vous assure que j’y ferais attention. ». Répondais-je à sa mise en garde. Mais en ce qui concernait sa coiffe, il lui faudrait la nettoyer à grande eau avant de pouvoir la remettre un jour, qu’il s’agisse d’un cadeau de sa mère ou non. Puis je me mis à la suivre. J’aurais dû passer devant elle, mais comment aurais-je pu, alors que je détachais mon cheval pour qu’il nous suive.
La traine à la main. Je marchais en retrait, caressant la tête de l’animal. Il ne fallait pas que je la regarde. Il ne fallait pas que je pose mes yeux sur son corps que je pouvais voir sans qu’elle ne puisse me remarquer. Ne pas admirer ses courbes sous sa si jolie robe, ne pas suivre le mouvement de son corps à chacun de ses pas. Il ne fallait pas, et souffrais en silence de ce que je m’interdisais à moi-même. Tout en elle était une tentation. Tout me tentait chez elle. Une tentation interdite. Un plaisir coupable. Terriblement coupable. Mais combien de temps pourrais-je tenir ce rythme ? Combien de temps ce moment de répit durerait-il ?!

Pas assez à mon goût. Je n’avais pas eu le temps de remettre de l’ordre dans ces pensées qu’elle avait chamboulé. Mais je me surprenais par ce manque flagrant d’envie de m’en débarrasser. Idiot. Vraiment idiot, et cela me conduirait à me perte, j’en avais peur. Pourtant résonnait en moi cette petite voix qui me chantait qu’il fallait bien, parfois, jeter les convenances au panier et faire ce que l’on voulait. Ce que je voulais n’était pas pour autant, ce qu’elle pouvait souhaiter. Et puis, à quoi bon sacrifier notre façon de vivre les événements pour quelque chose qui finirait par toucher nos vies, les détruire… Nous détruire ?! Il était de notoriété public que le déshonneur jeter le discrédit sur toute une famille, si la mienne n’avait rien à perdre, je ne savais pas grand-chose de la sienne.
A dire vrai, je ne me rappelais pas qu’elle m’eut dit quoi que ce soit à ce sujet lors de notre première rencontre. Pourtant, j’avais l’impression d’incroyablement bien la connaitre. C’était une impression folle. Comment cela aurait pu être possible alors que nous ne nous étions parlé qu’une seule et unique fois en dehors de ce jour. Alors je vins m’asseoir près d’elle après avoir lâché les rênes pour que l’animal se mettre à brouter sur les berges. Proche. Sans l’être vraiment. Gardant une distance raisonnable entre nous deux. Je ne souhaitais pas que tout recommence comme avant. Je ne voulais pas me ressentir aussi faible face à moi-même. Ni prendre le risque de succomber à cette passion qui me consumait.
Mais j’avais retrouvé le sourire. Un sourire que je voulais aussi doux que possible. « De moi ?! Ma vie vous intéresse tant que cela ?! ». Je restais surpris par cette demande, pourquoi aurait-elle souhaité connaitre quelques pans de ma vie, si ce n’était parce qu’elle me portait ne serait-ce qu’un peu d’intérêt. Et rien que cette pensée suffit à me réjouir, me laissant échapper un petit rire. Je n’aurais pas dû, elle pouvait très bien se vexer de ce rire, le prenant pour une moquerie alors qu’il ne s’agissait là que d’exultation. « Et bien… Je ne sais par où commencer. ». Une nouvelle fois, comme dans un geste plein de confusion je repassais une main dans mes cheveux tout en allongeant mes jambes sur l’herbe fraiche. « Je suis originaire de York, et cela va faire bientôt sept ans que je suis rentrée d’Amérique. Plus ou moins six années que je me suis installée ici… ». Je cessais de parler, me demandant si cela correspondait vraiment à ce qu’elle souhaitait entendre. « J’avoue ne pas être à l’aise dans cet exercice. Mais si vous avez des questions, je me ferais un plaisir d’y répondre. ». De cette façon, au moins, il y avait peu de chances que je ne dise quoi que ce soit qu’elle n’aurait pas souhaité savoir.



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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Sam 18 Aoû - 14:09



À l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.


Il s'était assis près de moi et pourtant encore trop loin pour parler de proximité. Les convenances, elles avaient déjà été cent fois bafouées, mais il fallait sauver le peu qu'il restait des apparences. Je baissais les yeux sur mes jambes. « De moi ?! Ma vie vous intéresse tant que cela ?! » Il fut surpris par ma question de toute évidence, mais oui sa vie m'intéressait, je voulais savoir qui il était, s'il était déjà engagé avec une autre, s'il faisait partit de ses hommes qui ne voulaient pas de femmes ou encore s'il était noble ou pauvre. Ce n'est pas que cela avait beaucoup d'importance pour moi, mais je devais l'avouer, si c'était un Noble, ce serait plus simple, tout serait plus simple. Je me mettais alors à espérer, c'était peut-être un peu fou, un peu idiot, mais je me disais qu'au point où j'en étais, cela ne pourrait pas être pire. Il se mit à rire, un petit rire, très bref. Je relevais alors la tête « Et bien... Je ne sais par où commencer. » Il repassa sa main dans ses cheveux, encore une fois, je sentis encore ces choses en moi, je pouvais enfin mettre un mot dessus, une sorte de chair de poule, mes poils s'étaient hérissé, mais de plaisir. Il allongeait ses jambes, au souvenir du contact avec celle-ci me fit rougir. Il débuta « Je suis originaire de York, et cela va faire bientôt sept ans que je suis rentrée d'Amérique. Plus ou moins six années que je me suis installé ici... » L'Amérique ? Il avait pu aller jusqu'en Amérique, peu de monde pouvait s'offrir une telle traversée, il devait posséder une fortune, mes espoirs grandissaient. Je butais alors sur la fin de sa phrase, six ans... Cela faisait six ans que je vivais ici aussi, pourquoi ne l'avais-je jamais rencontré avant ? Le souvenir de mes premières années me brûlèrent alors. J'avais passé un an au lit et deux ans enfermée dans la demeure, n'ayant pas le droit de sortir, sauf lorsqu'il ne pleuvait pas ou qu'il ne faisait pas froid. Les seules fois où j'avais mit les pieds dehors, ma tante, Jo ou encore Amy étaient avec moi, je ne me déplaçais pas seule, il fallait me porter. Lorsque j'avais recouvert complètement la santé, j'avais pu rentrer à Norfolk auprès de mes parents, j'y avais passé une année, avait pu revoir mon frère et assisté à son mariage avec la magnifique Victoria. Elle était belle et pleine de vie, tandis que je respirais la mort et que mon teint livide effrayé les enfants. J'avais passé un an là-bas et mes parents avaient conclu qu'il serait mieux pour moi de rester à Histon, j'y étais donc retournée.
Je n'étais pas belle, cela me frappait comme une évidence. Comment pourrait-il être attirée par moi ? Si pâle... « J'avoue ne pas être à l'aise dans cet exercice. Mais si vous avez des questions, je me ferais un plaisir d'y répondre. » Il venait de me sortir de ma réflexion. Par quoi commencer, j'avais tellement de questions, mais toutes étaient personnelles, bien trop personnelles pour être posée à ce stade. « Vous avez donc grandit à York ? Je n'y ai jamais mis les pieds, pas que cela me déplaise, mais je ne pouvais tout simplement pas. Parlez-moi de York, est-ce une belle ville ? Que fait-on là-bas ? Des bals, réceptions ? Ou la vie est-elle beaucoup plus simple que cela ? Votre vie était-elle beaucoup plus simple que cela ? Si vous avez quitté York c'est peut-être que vous vous en êtes lassés, ou peut-être une autre raison, plus personnelle... comme mes raisons pour avoir quitté Norfolk... » La fin n'aurait pas dû être prononcé à haute voix et le reste avait été trop pressant, il y avait trop de questions, trop de curiosité, trop de tout... « Pardonnez-moi, je recommence à accaparer la conversation. » Il allait me poser des questions sur ma vie, c'était inévitable maintenant, je crois que j'avais aiguisée sa curiosité.




Dernière édition par Mary Margaret W. Howard le Sam 18 Aoû - 23:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Sam 18 Aoû - 22:55

Mary Margaret & Bartholomew


Le soleil était à présent bien haut dans le ciel, les oiseaux chantaient dans des rythmes qui leur était propre, et le doux murmure de l’eau calme allait de pair avec elle. Elle si paisible. Si sage. Elle que je ne regarde pas, alors que je sens son regard se porter sur moi, préférant regarder sans vraiment le voir le lit de cette rivière qui s’écoulait tranquillement sans avoir conscience de mon trouble. Parce que troublé je l’étais. Profondément troublé par le fait qu’elle s’intéresse ainsi à ma vie, j’avais su l’écouter, mais n’avais jusqu’alors pas vraiment envisagé qu’un jour il faudrait peut-être que je dévoile qui je me trouvais être.
Etre troublé. Envouté. Jusqu’à en perdre mes moyens à cause d’un simple regard et d’un léger intérêt. C’était quelque peu ironique non ?! Moi. Ce jeune homme qui avait su un jour prendre son destin à bras le corps. Moi. Celui qui avait un jour prit le parti de traverser un océan avec pour seule compagnie un frère à peine plus âgé, et qui pour finir avait réussi à dresser des chevaux sauvages. Je ne pouvais que voir là un ignoble jeu du destin. Un moyen de me faire comprendre que jusqu’à présent, je n’avais eu que trop de chance. Qu’il était enfin temps que la roue tourne, qu’elle me mène vers de terribles terres hostiles jusqu’à ce qu’enfin le vent tourne une nouvelle fois.
Mais cette idée me faisait mal. Je ne souhaitais pas voir tout un hypothétique futur idyllique s’effondrer sous la menace d’un destin funeste. Après tout, je n’étais pas un parti dès plus désagréable, et il n’y avait rien d’autre que la noblesse pour me rejeter, et me fustiger à cause de mon statut d’ancien pauvre, ou encore de nouveaux riches. Ne pas avoir de titre, c’était bien là ma plus grande tare. Qu’importait… Mieux valait alors se ressaisir, cesser de penser à toutes ces éventualités des plus farfelues, et gouter à l’instant présent.

Se concentrer sur le flot de questions qui pouvait sortir de sa bouche dans un entrain certain. Sa curiosité ne semblait pas seulement avoir été effleurée, non loin de là, elle voulait savoir, tout savoir. Avide de bien de choses qu’elle débitait rapidement, et qui me fit sourire bien plus largement. Je trouvais ça tellement adorable. Elle semblait tellement plus jeune et naïve que moi à cet instant. Oui, à ce moment-là, elle ressemblait à une petite fille ou tout du moins à la jeune fille qu’elle était vraiment. Oh, elle ne perdait pas pour autant de sa superbe, elle restait toujours celle que j’élevais sur le piédestal de mon cœur. Non, elle m’attendrissait. Profondément. Surement.
« Ne vous excusez pas. Votre réaction est adorable. ». J’osais tourner la tête vers elle, et croiser son regard fit que mon cœur en loupa un battement. Sans que je ne le souhaite. Sans que je ne puisse le contrôler, je laissais mes yeux suivre la courbe de son visage, de ces yeux jusqu’à l’arrête de son nez, la teinte rosée de ses lèvres charnues, la blancheur de son cou… Jusqu’à la rondeur de sa poitrine qui se laissait deviner sous le tissu de sa robe. C’était tellement indécent de ma part. A peine quelques secondes dont le m’arrachais les lèvres entrouvertes, les yeux que j’imaginais brillant d’une teinte de lubricité naissante. Alors je me mis à tousser, faisant passer ça pour un léger maux de gorges, quelque choses qui me gênait et m’avait alors rendu mal… Mais nul ne pouvait vraiment être dupe.

« York est le paradis des fermiers, il y fait un froid rigoureux l’hiver et l’été y est particulièrement agréables. Mon père à toujours dit qu’il s’agit de la meilleure terre d’Angleterre… Mais si vous voulez mon avis, il y a des choses bien plus agréables à Histon. ». Cet avais n’était pas uniquement fondé sur sa présence à elle, je devais aussi avouer que j’appréciais grandement cette vie que je menais depuis quelques années. « Quant aux mondanités, je vais devoir vous décevoir, parce que je n’en sais rien du tout. ». Un jour paysan, à jamais je le resterais pour tous les richards du comté de Yorkshire. Mais ça n’était pas pour me déplaire, ils n’avaient absolument aucun intérêt. « Et si j’ai quitté York, ce fut pour travailler. Un choix un peu hasardeux qui nous a menés en Amérique… ».
Je ne poursuivais pas, laissant en suspend tout un pan de ma vie, pour m’intéresser un peu à la demoiselle. « Vous n’êtes donc pas native de Histon ?! Je désespère de trouver un jour quelqu’un qui y soit né. Est-ce donc si rare ?! ». Je lui souriais, et le tout fut prononcer avec ce ton si particulier qu’avaient les propos humoristiques. Puis je me laissais glisser, jusqu’à m’adosser au tronc d’arbre qui se trouvait juste derrière moi.



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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Sam 18 Aoû - 23:35



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I« Ne vous excusez pas. Votre réaction est adorable. » Je rougis, il me trouvait adorable, tout du moins ma réaction l’était. Nos regards se croisèrent et je constatais que le sien m’observait plus qu’il ne l’aurait du, je décidais de ne pas relever son indécence, après tout, j’avais fait pire en lui agrippant la jambe. Il toussa, comme s’il voulait cacher tout ceci, ou encore pour se reprendre. « York est le paradis des fermiers, il y fait un froid rigoureux l’hiver et l’été y est particulièrement agréables. Mon père à toujours dit qu’il s’agit de la meilleure terre d’Angleterre… Mais si vous voulez mon avis, il y a des choses bien plus agréables à Histon. Quant aux mondanités, je vais vous décevoir, parce que je n’en sais rien du tout. »Devais-je comprendre par là qu’il n’y avait jamais mis les pieds parce qu’il n’aimait pas cela ou bien que nous n’étions pas du même monde ? Il finissait « Et si j’ai quitté York, ce fut pour travailler. Un choix un peu hasardeux qui nous a menés en Amérique. » Nous n’étions définitivement pas du même monde, je trouvais cela injuste. Pourquoi Dieu avait mis cet homme sur ma route, pourquoi me faisait-il pécher, si cela ne conduirait à rien ? « Vous n’êtes donc pas native de Histon ?! Je désespère de trouver un jour quelqu’un qui y soit né. Est-ce donc si rare ?! » Non, je n’étais pas native de Histon, mais lui non plus. Je gardais cette réflexion pour moi, qu’allais-je bien pouvoir lui dire ? Je regardais la rivière, me laissant absorbée par le flot de pensées qui se bousculaient dans ma tête. « Non, en effet je ne le suis pas. Mais ma famille l’est. Mes cousines sont nées ici à Histon. Je vis actuellement chez ma Tante. Je suis arrivée en même temps que vous, il y a six ans. » devais-je continuer ? « Pourquoi êtes-vous revenu des Amériques ? On ne dit que du bien sur ces contrés. Pendant longtemps j’ai voulu m’y rendre, sans jamais pouvoir le faire, car j’étais coincée ici, à Histon. » C’était une question légitime et elle serait parfaite pour éviter le sujet du pourquoi du comment je m’étais retrouvée ici, je ne me voyais pas lui expliquer que j’étais une malade ambulante, surtout que ces six ans passés sans s’être rencontré une seule fois allé soulevé des questions en lui, du moins je l’imaginais. Si je commençais à lui dire, je devrais aller plus loin encore et lui parler de ma véritable famille, les Howard, la famille de Duc et de Duchesse à laquelle j’appartenais, comment réagirait-il alors ? Je ne le savais pas et je ne voulais pas le savoir. « Nous ne devrions parler que de vous aujourd’hui, je trouve que c’est un bon jour pour vous écouter. » Je me redressais et tendais ma mains vers le panier. Une fois auprès de moi, je retirais la nourriture qui s’y trouvait, un pain rond, un couvert, une serviette, un peu de viande froide et de la salade. La pomme ayant déjà était mangée par le cheval, je n’avais plus de dessert. Je me tournais alors vers lui et lui demandais. « Avez-vous faim ? Mon repas n’est pas bien garnit, mais je peux le partager avec vous, je n’y vois aucun inconvénient. À moins que vous n’aimiez pas la salade, dans ce cas, je ne puis rien faire pour vous. » Je souriais, de toute mes dents et me reprit presque aussitôt, ce n’était pas une manière de sourire, la bouche devait restée fermé et le sourire devait être discret, ne pas trop montrer son enthousiasme et offrir toujours de la retenue dans le moindre de ses gestes.




Dernière édition par Mary Margaret W. Howard le Dim 19 Aoû - 13:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Dim 19 Aoû - 12:04

Mary Margaret & Bartholomew


Les joues rosies par un compliment impromptu, c’était terriblement adorable, tellement attirant. Sa présence, ou un je ne sais quoi dans sa façon de réagir, me laissait à penser qu’elle n’était rien d’autre qu’un fruit défendu. De ses sucreries que l’on vous montre enfant, et que l’on vous défend de manger. De tout dévorer jusqu’à en être malade. Pourtant, chez elle, ce n’était pas tant l’envie d’y goûter, de me laisser tenter qui me rendait malade. Non ça n’était rien d’autre que cette réticence qui s’emparait de moi dès que mon esprit s’en aller vagabonder du côté des règles de savoir-vivre.
Je n’avais beau pas avoir été élevé dans une grande famille ou tout du moins dans une famille de bourgeois, j’avais néanmoins reçu un minimum d’éducation. J’avais appris, à lire, écrire, et finalement à bien me comporter en société. Tout du moins dans la société paysanne, quant au reste, il avait bien fallu que je l’apprenne autrement. En observant, en écoutant, ou tout simplement en lisant les manuels de savoir-vivre qui se trouvaient être bien plus nombreux que je ne l’aurais imaginé. Des règles. Toujours des règles. Surement un peu trop pour que je n’en retienne plus de la moitié. Mais que pouvait-on espérer de plus en ce qui me concernait ?! A l’évidence pas grand-chose.
Je m’étonnais d’ailleurs qu’on ne me qualifie pas encore de rustres, de mal-élevé ou de je ne sais quoi. Mais ça n’avait pas d’importance. Aucune importance. Je n’avais pas vraiment besoin de quelqu’un pour me dicter ma façon de faire ou d’agir. J’aimais cette idée de faire comme bon me semblait, agir bien, correctement, mais en me fiant bien plus à mes propres impression qu’à des règles dictées par de vieille mégère un peu trop fardée.

« Il semblerait que nous ayons de nombreux points communs Miss Howard. ». Oui de nombreux points communs. Puis même si je m’interrogeais sur les raisons pour lesquelles nous ne nous étions jamais rencontré auparavant, je préférais me taire, et en y réfléchissant, je pouvais avouer que je passais le plus clair de mon temps à travailler. Et quand je ne travaillais pas, je ne pouvais pas dire que je sortais beaucoup de chez moi, préférant de loin passer de longues journées chez moi plutôt que de passer de longues soirées chez les vieilles rombières qui vivaient à Histon ou bien même à Milton. « Il est tout de même dommage que nous ayons attendu autant d’années avec de nous croiser. ». Peut-être que plus jeune, je ne l’aurais jamais remarqué, surement même. Je n’aurais alors pas eu à souffrir d’autant de maux du cœur. Je n’aurais pas eu à la regarder comme un loup affamé.
« Si vous n’avez jamais quitté l’Angleterre vous ne pouvez pas vraiment comprendre. ». Je levais les yeux au ciel, décroisant mes mains que j’avais enlacé sur mon ventre, pour venir caresser l’herbe hautes qui se trouvait à côté de moi. J’en arrachais quelques brins, et m’amusais alors à les enlacer, les tresser… Ou que sais-je encore. « C’est un peu comme ce que l’on peut lire dans les livres au sujet de l’amour. Quand on s’éloigne de son pays, il y a un manque qui se fait sentir. Constant. Terriblement constant. Alors on n’attend qu’une chose, revenir. ». C’était le même genre de manque que celui qu’elle pouvait faire naitre en moi… « Vous connaitrez ça un jour. ». Et j’aurais aimé que cet amour, ce manque n’ai pour sujet que mon unique absence. J’aurais aimé que ma présence l’envahisse comme elle prenait possession de tout mon être. N’était-ce pas là terriblement égoïste ?! Certes. Mais comment pouvais-je vaincre mon envie de la posséder toute entière. Corps et esprit.
« Mon frère y réside toujours. Je crois qu’il y a trouvé son bonheur, et aux dernières nouvelles, il s’était même fiancé. Si je n’avais pas eu le mal du pays, qui sait, j’en aurais peut-être fait de même.». Et cela aurait été bien plus facile. Tellement plus simple… Là-bas au moins on se fichait bien que vous fassiez parti des nouveaux riches, ou encore de la façon dont vous aviez eu votre fortune. Tout le monde était à mettre dans le même panier. Pas de titre, juste une histoire de comptes en banques.

Puis, je lâchais le brin d’herbe avec lequel je jouais pour fouiller dans la poche intérieure de mon veston, y trouvant la montre à gousset que j’y cherchais. Non pas que je fus pressé de la quitter. A dire vrai, j’aurais passé tout mon temps en sa compagnie. Mais l’heure avancée et j’avais de nombreuses affaires à régler au Haras. Il était dès lors presque onze heure du matin. « Ne vous inquiétez pas pour moi, j’ai eu le droit à un solide petit déjeuné. ». Tout du moins si l’on pouvait qualifier les quelques biscuits et la tasse de café que j’avais avalé de petit déjeuné. Au final ça n’était rien d’autre qu’un encas.
Je surprenais un sourire que je ne lui avais jusqu’alors jamais vu. Un sourire terriblement lumineux. Ce sourire qu’elle s’empressa alors de cacher, et s’il y avait toujours ce petit sourire qu’elle arborait habituellement, je ne pouvais que me souvenir de celui que j’avais surpris. J’avais senti mon cœur s’accélérer durant quelques instants, se mettre à cogner maladivement dans ma poitrine. A m’en faire mal. Terriblement mal. J’en serrais les poings sur ma montre, et me forçait à articuler une réponse. « Et puis je crains de ne pouvoir rester plus longtemps. ». La douleur que je venais de ressentir me faisant prendre conscience, qu’à force de tous ses torrents d’émotions, je finirais par ne plus le supporter. Mieux valait m’éloigner, malgré la peine, le manque que cela pouvait engendrer, il le fallait tant que je le pouvais.
Alors, je repliais mes longues jambes tout contre moi, m’appuyant sur l’arbre qui me tenait droit, et me relevais. « Mais si un jour l’envie vous en prend, je me ferais un plaisir de vous apprendre l’équitation, à vous comme à votre famille. Vous pourrez me rendre visite à DarleyHill. ».


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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Dim 19 Aoû - 13:42



À l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.


« Il semblerait que nous ayons de nombreux points communs Miss Howard. » Le plus important point commun que j'aurais voulus avoir avec lui était notre classe sociale... « Il est tout de même dommage que nous ayons attendu autant d'années avant de nous croiser. » Sans le vouloir, je laissais échapper la pensée qui venait de me traverser. « Si j'avais su et pu, j'aurais provoqué cette rencontre beaucoup plus tôt. » encore une fois, je posais ma main sur ma bouche, comprenant que je venais de dire cela tout haut. J'espérais qu'il n'est pas entendu. Si ce fut le cas, il n'en laissa rien paraître puisqu'il reprit. « Si vous n'avez jamais quitté l'Angleterre vous ne pouvez pas vraiment comprendre. » Dans un tic, il rajouta « C'est un peu comme ce que l'on peut lire dans les livres au sujet de l'amour. Quand on s'éloigne de son pays, il y a un manque qui se fait sentir. Constant. Terriblement constant. Alors on n'attend qu'une chose, revenir. Vous connaîtrez ça un jour. » Oh croyez-moi, je sais ce que c'est et je l'ai découvert il y a peu... Dès le moment où nous nous sommes quitté, j'ai ressenti un vide en moi, comme si je ne pouvais exister qu'en votre présence. J'ai trouvé cela fou, mais c'était réel. Depuis, vous hantez mes pensées nuits et jours. Je rêve de vous la nuit, je rêve de nous. J'imagine comment cette histoire pourrait terminer avec toute ma naïveté dont je n'arrive pas à me débarrasser. J'espère vous croisez dès que je sors de chez moi, je crois vous apercevoir à tous les coins de rues et votre visage, votre si beau visage se dessine sur ceux des inconnus... Oh oui, vous me manquez et je n'aspire qu'à vous retrouver, ma vie tourne autour de vous...
« Ne vous inquiétez pas pour moi, j'ai eu le droit à un solide petit déjeuné. » je revenais à la réalité. Il tenait une montre gousset à la main. « Et puis je crains de ne pouvoir rester plus longtemps. » Je ne réagissais pas de suite à ce qu'il disait, comme si mon cerveau ne voulait pas comprendre qu'il allait une nouvelle fois me quitter, comme pour m'éviter une douleur trop grande qui me laisserait cloué au sol, la respiration haletante. Il se relevait « Mais si un jour l'envie vous en prend, je me ferais un plaisir de vous apprendre l'équitation, à vous comme à votre famille. Vous pourrez me rendre visite à DarleyHill. » M'apprendre l'équitation ? Mon cerveaux rattrapa toute la scène en quelques secondes et la réalité me frappa en plein ventre comme un coup de poing. Je sentis mon coeur se serrait, mes poumons se vidait comme s'ils n'avaient plus d'air et qu'ils se rétractaient sur eux-mêmes afin de trouver la moindre particule. « Non. » fut tout ce que je réussis à articuler. Je me tentais de me relevais aussi vite que possible, mais ma technique n'était pas encore au point. Mon pied se posa sur ma robe, ce qui eut pour effet de la déchirer au niveau de la couture, juste en dessous de la poitrine. « Mince, pourquoi t'acharnes-tu ? » Je ne parlais à personne, je m'en prenais à Dieu, essayait-il de me faire comprendre par cet incident qu'il n'était pas d'accord avec ma pensée ? Zut, je ne l'écouterais pas, je ne l'écouterais plus. Il fallait que je réfléchisse à un moyen de la garder près de moi, mais les idées ne venaient pas. Je me souvenais alors qu'étant enfant, je provoquais parfois des étourdissements dû à une accélération de ma respiration, je faisais cela lorsque Petre me contrarié et que je voulais qu'il se sente coupable. C'était quitte ou double, ou il resterait le temps que je me réveille, ou il me ramènerait... Je commençais à respirer rapidement en priant pour qu'il reste à mes côtés. Je sentis l'étourdissement arrivé. Je fermais les yeux et tombait sur l'herbe, évanouit.


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MessageSujet: Re: A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.   Dim 19 Aoû - 15:50

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A l'ombre de la forêt poussent de bien jolies fleurs.

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